Le Mouvement Patriotique Renouveau (MPARE) a fixé sa position sur la conjoncture délétère que traverse le pays. Le mouvement estime que le départ des neuf membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) est une obligation, conformément à l’accord politique qu’ils ont signé le 3 avril 2024.
Dans ce contexte conjoncturel difficile, cette structure de la société civile exprime sa colère, sa tristesse, son indignation et son inquiétude face à la dégradation continue de la situation nationale, tout en réaffirmant clairement sa position.
À ce sujet, la secrétaire générale du MPARE, Mme Nadie Valérie Victor, a rappelé, lors de sa prise de parole, que depuis environ cinq ans, le pays s’enfonce dans une crise sans précédent, sans direction claire ni solution visible. Elle a souligné que toutes les formules ont été essayées, avec d’anciens comme de nouveaux acteurs politiques, sans résultats concrets. Au contraire, la situation ne cesse de se détériorer. Le temps passe, de nombreuses vies et des biens ont été perdus, tandis que la population devient chaque jour plus impatiente.
Plus loin, elle a fait remarquer que le Conseil présidentiel est arrivé au pouvoir sur la base d’un accord politique qui se voulait porteur d’une démarche claire, mettant en avant l’intérêt supérieur de la nation. Toutefois, a-t-elle déploré, le peuple continue de subir de lourdes pertes, sans qu’aucune action concrète n’ait été engagée pour lui venir en aide, le laissant livré aux aléas du sort.
« Aujourd’hui, nous nous approchons du 7 février 2026, une date qui marquera la fin de la durée de la transition du CPT. Les neuf membres du Conseil présidentiel doivent donc partir. Pourtant, nous constatons l’existence d’une lutte constante au sein de l’Exécutif, alors que leur bilan est nul sur toute la ligne : l’insécurité, la conférence nationale, le référendum et les élections, autant de promesses faites à la population qui, jusqu’à présent, n’ont jamais été concrétisées », a affirmé la secrétaire générale du MPARE.
En outre, la structure a fait connaître sa position face à cette phase critique, invitant le peuple haïtien à assumer sa responsabilité historique en tant que principal acteur de la crise.
« Nous lançons un cri d’alarme à toutes les zones, à tous les quartiers, à toutes les communes ainsi qu’à toutes les organisations de la société civile afin qu’elles se mobilisent et fassent entendre leur voix. Car si nous gardons le silence, celui-ci sera interprété comme un signe d’accord ou d’approbation, et ils continueront d’agir contre nos intérêts », a-t-elle déclaré.
Mme Victor estime qu’au niveau du MPARE, de la société civile organisée et des citoyens conscients, le pays se trouve à un moment décisif : soit ils échouent, soit ils réussissent à changer le cours de l’histoire.
Par ailleurs, la secrétaire générale du MPARE a profité de l’occasion pour exprimer la position du mouvement concernant les sanctions internationales prises à l’encontre de plusieurs personnalités du pouvoir en place. Elle a déclaré qu’il aurait été préférable que ces sanctions proviennent de la justice haïtienne, à l’encontre des autorités accusées de détournement et de mauvaise gestion des fonds publics, plutôt que d’acteurs étrangers.
Enfin, elle s’est penchée sur les mécanismes susceptibles d’apporter une solution durable à la crise. Selon elle, il revient à la population de décider s’il faut recourir à la Cour de cassation ou à toute autre voie légale afin de remplacer le Conseil présidentiel de transition et permettre au pays de retrouver un climat de paix.
Yasmine Sanon
