À moins de dix jours de la fin de leur mandat, le Conseil présidentiel de transition et, plus particulièrement, le rôle des deux membres observateurs qu’il compte en son sein, suscitent de vives interrogations au sein de l’opinion publique.
Institué par l’accord politique du 3 avril 2024, le CPT est composé de neuf membres, dont sept disposant d’une voix délibérative et deux membres observateurs : Mme Régine Abraham, représentant le Rassemblement pour une Entente Nationale (REN) / Inter-Foi, et le pasteur Frinel Joseph, issu du Groupe de la société civile. Ces derniers participent aux débats sans droit de vote et sont censés jouer un rôle de veille, de transparence et de contrôle du processus de transition.
Selon l'esprit de l’accord, les membres observateurs ont pour mission d’assister aux délibérations du CPT, d’analyser les enjeux sécuritaires et politiques, de proposer des pistes d’action et de s’assurer du respect strict de l’accord politique de transition. Leur position se veut indépendante, impartiale et objective, afin de garantir un certain équilibre institutionnel.
En théorie, ils doivent agir comme des garde-fous, veillant à la conformité des décisions prises avec les engagements constitutionnels et politiques de la transition. En pratique, cependant, leur action demeure largement invisible, estime plus d'un.
Rappelons que l’accord politique assigne au CPT une mission claire : veiller au respect de la Constitution, assurer la stabilité des institutions, rétablir l’ordre constitutionnel, mettre en place un Conseil Électoral Provisoire dans les délais impartis et conduire le pays vers des élections crédibles avant le 7 février 2026, date butoir non prorogeable du mandat.
Entre-temps, des organisations politiques comme Mouvement pour la Réconciliation et la Reconstruction Nationale (MORN) ont réaffirmé leur position politique à l’approche du 7 février, dressant un constat sévère de la gouvernance actuelle. Dans une déclaration publique, le président, du MORN, Dr Jean Palerme Mathurin, estime que le Conseil présidentiel de transition et le gouvernement ont failli à leur mission. Il plaide pour l’émergence d’un nouveau leadership politique consensuel, capable de sortir le pays de l’impasse.
Vladimir Predvil
