Le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, a procédé, ce mardi 3 mars 2026, à la présentation officielle de son nouveau gouvernement, lors d’une cérémonie solennelle organisée à la Villa d’accueil.
Cet événement marque une nouvelle étape dans la continuité de l’État et dans la mise en œuvre des engagements nationaux, a confié le chef du gouvernement qui a une nouvelle fois rappelé les priorités de son équipe : la sécurité, le redressement économique et l’organisation des élections.
C’est dans une ambiance conviviale que se sont réunis des membres du gouvernement sortant, de hauts dignitaires de l’État, des représentants du corps diplomatique et consulaire accrédités en Haïti, ainsi que de nombreuses personnalités issues de divers secteurs de la vie nationale.
D’après le chef du gouvernement, le remaniement ministériel opéré en ce début de semaine est le résultat de l’accord signé entre les différents secteurs, dans le but d’apporter une réponse à la crise que traverse le pays et de parvenir à l’organisation des élections dans un délai raisonnable.
« Mes compatriotes, la cérémonie d’aujourd’hui n’est pas un simple changement, c’est le résultat d’un engagement politique issu du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections. Ce pacte est la preuve que lorsque le pays est en danger, nous pouvons mettre nos différences de côté pour sauver ce qui est le plus important, à savoir Haïti. Avec ce pacte, nous nous engageons à former un cabinet ministériel impartial, technique et efficace », a déclaré le locataire de la Primature, qui dirige à lui seul l’exécutif.
Plus loin dans son intervention, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a rappelé aux membres de son gouvernement la nécessité de passer à l’action. « Le temps des beaux discours est révolu. Aujourd’hui, c’est l’heure de l’action. » Il assure toutefois que son gouvernement est composé de personnes compétentes et responsables, capables d’assurer la gestion de l’État avec efficacité. En ce sens, M. Fils-Aimé a donc lancé un appel à la transparence, à la solidarité et au respect des normes de la bonne gouvernance.
« Chaque gourde dépensée devra l’être au bénéfice direct de la population, dans la perspective de bâtir une administration publique moderne, performante et crédible », a-t-il souligné.
Pour rappel, les trois grandes priorités stratégiques du gouvernement demeurent : la sécurité, le redressement économique et l’organisation des élections.
Dans cette perspective, il convient de renforcer les capacités opérationnelles de la Police nationale d’Haïti (PNH), des Forces armées d’Haïti (FAd’H) et de la Force de répression des gangs (FRG), afin de reprendre le contrôle total des zones sous l’emprise des groupes criminels et de rétablir durablement l’autorité de l’État. Il s’agit également de mettre en œuvre des actions concrètes à travers un dialogue soutenu avec les représentants du secteur privé et les partenaires financiers ; d’accompagner les agriculteurs et les entrepreneurs ; de relancer la production nationale et de créer un climat propice à l’investissement, notamment étranger. Enfin, le gouvernement entend mettre en place les mécanismes institutionnels, logistiques et sécuritaires nécessaires à l’organisation d’élections libres, honnêtes et crédibles, en vue du renouvellement du personnel politique et du rétablissement complet de l’ordre constitutionnel, a confié le locataire de la Primature.
Toutefois, les opinions restent partagées quant à ces nouveaux changements au sein du gouvernement. Pour certains, il ne s’agit plus d’un partage de responsabilités, mais plutôt d’une démarche qui n’inspire aucune confiance, où des acteurs politiques chercheraient à s’accaparer du pouvoir en mettant de côté les intérêts du peuple haïtien au profit de les leurs.
Après le Conseil des ministres spécial tenu ce lundi 2 mars, onze nouvelles personnalités rejoignent les rangs du gouvernement : Mario Andrésol, ancien secrétaire d’État à la Sécurité publique, prend la tête du ministère de la Défense ; Dumas Pithagore, ministre des Sports ; Raina Forbin, ministre des Affaires étrangères ; Vijonet Déméro, ministre de l’Éducation. Sandra Paulemont dirigera le ministère de la Planification, Marcelin Aubourg celui de l’Agriculture, Emmanuel Ménard le ministère de la Culture et de la Communication, Marc-Élie Nelson les Affaires sociales, Joseph Almathe Pierre-Louis le MTPTC, Stéphanie Smith le ministère du Tourisme, entre autres.
Parallèlement, plusieurs nouvelles têtes rejoignent certaines directions générales importantes du pays. En attendant, les différentes parties signataires du pacte, après le partage des responsabilités pour harmoniser les actions de l’État, souhaitent l’organisation des élections afin de mettre fin à la transition et de remettre le pouvoir à des élus à partir du 7 février 2027.
Oberde Charles
