La décision du gouvernement d’augmenter le prix des produits pétroliers continue de susciter de vives réactions. Des chauffeurs de transport public, notamment sur les axes centre-ville, Juvénat, Débrosse, Canapé-Vert et autres se sont vertement pris au gouvernement pour cette décision. Les conducteurs estiment qu’elle a des répercussions immédiates sur les tarifs du transport, déjà revus à la hausse.
« L’augmentation du prix du carburant est excessive. Elle ne profite ni à nous, chauffeurs, ni aux passagers », déplore l’un d’entre eux.
En effet, les chauffeurs soulignent également une montée des tensions avec les passagers. Face aux nouveaux tarifs, de nombreux passagers expriment leur mécontentement, parfois de manière virulente.
« Les passagers nous insultent, nous traitent de voleurs. Certains deviennent agressifs. Sans sang-froid, la situation peut vite dégénérer », confie un conducteur.
Par ailleurs, cette hausse ne se limite pas au secteur du transport. Elle entraîne, selon eux, une augmentation généralisée du coût de la vie.
« Depuis que le carburant a augmenté, tout suit : les produits alimentaires, les loyers… La misère s’aggrave », explique un autre chauffeur.
Du côté des passagers, le constat est tout aussi alarmant. L’un d’eux estime que la population aurait dû réagir plus fermement face à cette décision.
« Le pays aurait dû être paralysé aujourd’hui. Il fallait des manifestations, une grève générale pour exiger le retour des prix à leur niveau initial », soutient-il.
Cependant, malgré leur scepticisme quant à une réponse rapide des autorités, les chauffeurs lancent un appel au gouvernement. Ils demandent une révision de la mesure afin d’adapter le prix du carburant à la réalité économique de la population, dans le but de soulager à la fois conducteurs et usagers.
Dans un contexte marqué par des décisions similaires dans le passé, notamment sous la présidence du président Jovenel Moïse, où les tentatives d’augmentation des prix du carburant avaient provoqué une mobilisation massive de la population, le silence actuel interpelle.
Pourquoi, aujourd’hui, face à une situation comparable, la population semble-t-elle rester en retrait ?
Modeline Youte
