Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont la POHDH, ECH et CE-JILAP, disent constater avec amertume la dégradation de la situation sécuritaire du pays marquée par la multiplication des actes de violence et l’insécurité généralisée notamment dans les villes de province où les caïds sèment la terreur et le déplacement forcé des citoyens.Ce qui entraîne un grand nombre de personnes à vivre dans des conditions difficiles, notamment le déclin des institutions publiques et l’augmentation de la misère dans le pays.
Selon le secrétaire exécutif de la POHDH, Alermy Piervilus, cette situation est intenable. Il dit constater que le pouvoir monocéphale dirigé par le Premier ministre a fait preuve d’une absence de volonté pour avancer le calendrier qu’ils ont eux-mêmes fixé suite après le départ du Conseil présidentiel de transition (CPT) le 7 février dernier.
« En date du 23 février, ils ont présenté un pacte national que de nom, dans lequel le gouvernement s’est attribué la double mission, le rétablissement de la sécurité et l’organisation des élections, en laissant délibérément indéterminée la durée de l’accomplissement d’une telle mission. Il convient de souligner également qu’il n’existe aucune instance de contrôle ni de contrepoids institutionnel. Même un comité de suivi prévu par ledit pacte, qui aurait juste un contrôle sur sa mise en œuvre, n’a pas été mis en place. Plus de deux mois après, le gouvernement n’a posé aucune action qui manifeste sa volonté réelle de rétablir la sécurité ou de faciliter la tenue des élections comme ils en ont pris responsabilité et engagement », a fait comprendre M. Piervilus.
Plus loin, il affirme que les différentes décisions adoptées depuis cette prise totale de fonction sont de nature à retarder le processus électoral et, du coup, priver la population de son droit de choisir ses propres dirigeants. En témoigne la décision du gouvernement de réitérer la volonté d’opérer des changements dans la Constitution sans légalité ni légitimité. Pour lui, cette décision a été une véritable provocation.
Dans ce cas, les organisations de défense des droits humains recommandent au gouvernement de cesser ses manœuvres et tergiversations visant à semer de la confusion et de l’incertitude, et de prendre des dispositions réelles pour la tenue de ses promesses dont le rétablissement de la sécurité dans tous les territoires du pays et la tenue des élections.
Par ailleurs, la directrice de la Commission épiscopale nationale Justice et Paix (CE-JILAP), Jocelyne Colas, estime qu’il est dans l’intérêt des autorités de faire preuve de volonté afin de rétablir la paix dans le pays, en vue de faciliter l’organisation des élections. Elle rejette toute idée de référendum basée sur une simple consultation pour la révision de la Constitution.
En outre, elle exhorte les dirigeants à rester concentrés sur les actions susceptibles d’améliorer les conditions de vie de la population d'un autre côté, les organisations en ont profité pour s’adresser également au Conseil électoral provisoire CEP en les invitant à faire preuve d’indépendance dans l’exercice de leurs fonctions.
Pour que la réalisation des élections soit possible, il faut que les autorités commencent à envoyer des signaux clairs, d’après le secrétaire de l’Ensemble Contre la Corruption (ECC), M. Édouard Paultre.
Ils poursuivent en disant que cette volonté doit être véritable : il faut au moins que trois leaders de gangs aient déjà été mis hors d’état de nuire, puis reprendre le contrôle total des routes nationales et inter-départementales afin de faciliter la libre circulation des citoyens.
Yasmine Sanon
