Le Conseil électoral provisoire (CEP) a annoncé, dans une note de presse publiée le 29 avril 2026, avoir transmis à l’Exécutif un budget électoral révisé en vue de l’organisation des prochaines élections en Haïti. Ce document, remis officiellement le 28 avril, est le fruit des travaux d’une commission technique mise en place par l’institution, avec la participation de partenaires internationaux tels que l’UNOPS, le PNUD et le BINUH.
Selon le CEP, ce budget prend en compte deux scénarios distincts, élaborés en fonction des options techniques et opérationnelles envisageables pour la tenue du scrutin. L’objectif est de proposer une planification flexible, capable de s’adapter aux réalités du terrain. Parallèlement, l’institution indique travailler à la mise en place d’un calendrier électoral remanié, censé garantir un processus à la fois crédible et réalisable.
Toutefois, cette nouvelle avancée intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. Le pays fait face à une crise sécuritaire persistante, marquée par la multiplication des attaques armées contre la population, l’extension de zones sous contrôle de groupes armés et des déplacements massifs de citoyens. À cela s’ajoutent des difficultés logistiques, institutionnelles et économiques qui fragilisent davantage l’environnement électoral.
Dans ce contexte, plusieurs interrogations demeurent. Les conditions de sécurité seront-elles réunies pour permettre la libre circulation des électeurs et du matériel électoral sur l’ensemble du territoire ? L’administration électorale disposera-t-elle des moyens nécessaires pour déployer ses opérations dans des zones à haut risque ? Plus largement, la tenue d’élections crédibles est-elle envisageable avant la fin de l’année ?
Malgré ces incertitudes, le CEP réaffirme son engagement à organiser des élections inclusives, transparentes et impartiales. Reste à savoir si les conditions sur le terrain permettront de concrétiser cet objectif dans les délais annoncés.
Sorah Schamma Joseph
