La 13e édition du Salon du Droit s’est tenue ce vendredi 8 mai 2026 à Pétion-Ville autour du thème : « Le contrôle de la gestion publique : exigences juridiques, mécanismes institutionnels et fondements de la bonne gouvernance ».
Le prix du Salon du Droit était parrainé par l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC). Plusieurs institutions publiques, organisations professionnelles et cabinets juridiques figuraient également parmi les exposants de cette 13e édition, notamment les Barreaux de Port-au-Prince, de Petit-Goâve et de Croix-des-Bouquets, l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF), l’ULCC, l’Inspection Générale des Finances (IGF), la Banque Haïtienne de Développement Agricole (BHDA), le Centre de Conciliation et d’Arbitrage d’Haïti (CCAH), l’Étude notariale Alex Démosthène, la Commission Nationale des Marchés Publics (CNMP), la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA), l’Institut des Métiers et des Études Diplomatiques (IMED), l’Office de la Protection du Citoyen (OPC), ainsi que le Secrétariat d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées.
Lors de cette cérémonie, il y a eu des exposés, des conférences, ainsi que la remise du prix Patrice Derenoncourt de la lutte contre la violence, attribué au journaliste Wendel Théodore, tandis que Henry Marge Dorléans a remporté le prix du Salon du Droit.
La journée s’est également achevée avec la demi-finale et la finale de la première édition du concours de plaidoirie du Salon du Droit.
La première demi-finale, portant sur « L’indépendance des institutions de contrôle en Haïti », opposait l’Université Quisqueya (UNIQ) à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques (FDSE), cette dernière s’étant imposée.
La seconde demi-finale, axée sur « La lutte contre la corruption est la responsabilité des institutions publiques », mettait aux prises l’Université Notre-Dame d’Haïti (UNDH) et l’Institut National d’Administration, de Gestion et des Hautes Études Internationales (INAGHEI), avec une victoire de l’INAGHEI.
En finale, la Faculté de Droit et des Sciences Économiques (FDSE) affrontait l’Institut National d’Administration, de Gestion et des Hautes Études Internationales (INAGHEI) autour du sujet : « L’inefficacité de la lutte contre la corruption est due à la faiblesse du système judiciaire ». À l’issue des débats, l’équipe « Vénère » de la FDSE a été sacrée championne.
Intervenant à cette occasion, Me Patrick Pierre-Louis, le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, a d’abord salué les organisateurs de cette 13e édition, notamment Me Patrick Laurent, pour le choix d’un thème qui, selon lui, « oblige collectivement à réfléchir sur l’avenir institutionnel d’Haïti ».
Au nom du Barreau, il a renouvelé un engagement « inconditionnel » en faveur de l’État de droit, de la transparence, de la lutte contre la corruption et de la défense des principes républicains.
Le bâtonnier a rappelé que cette rencontre met en lumière un enseignement fondamental : « La gestion publique ne nous appartient pas ; gérer les ressources publiques revient à exercer une responsabilité sacrée. »
Il a également insisté sur trois piliers qu’il juge indissociables : la transparence, l’intégrité dans la gestion et une gouvernance publique responsable.
« Les professionnels du droit ont une responsabilité historique dans ce combat », a-t-il déclaré, soulignant que les avocats, magistrats, universitaires et juristes sont appelés, par la nature même de leurs fonctions, à contribuer au renforcement de la culture de l’égalité et à rappeler que « la puissance publique n’est jamais une propriété privée ».
Poursuivant son intervention, Me Pierre-Louis a estimé que la reconstruction durable d’Haïti passe nécessairement par des politiques publiques favorisant l’intégration de la population au système global de production, l’attraction des investissements et la consolidation de la paix sociale.
Selon lui, cette ambition suppose également une réforme du cadre juridique des affaires ainsi qu’un renforcement de l’intégrité administrative.
« Tout dépendra de notre capacité à concilier le pouvoir avec la responsabilité, l’autorité avec la transparence et la gestion publique avec l’intérêt général. Une nation ne se reconstruit véritablement que lorsque la loi, porteuse de changement social, devient plus forte que les intérêts particuliers, » conclut-il.
De son côté, Me Patrick Pélissier, le ministre de la Justice, , a indiqué que le Salon du Droit s’inscrit, depuis ses débuts, dans une démarche pédagogique qui, au fil des éditions, s’est imposée comme un rendez-vous traditionnel mobilisant chaque année un public diversifié, majoritairement composé de jeunes universitaires.
« Chaque édition du Salon du Droit constitue un appel à une compréhension collective de ce que nous traversons comme société », a-t-il affirmé.
Le ministre a également rendu hommage à la science, à la pédagogie et à l’éducation à travers cette initiative, tout en soulignant que le thème de cette année présente une double complexité : administrative et juridique.
Sur le plan administratif, il a évoqué le rôle quotidien des mécanismes de contrôle comme leviers de transparence et de bonnes pratiques dans la gestion de la chose publique, estimant que l’enjeu central demeure l’intérêt national.
Quant à la dimension juridique, le ministre Patrick Pélissier a rappelé que l’administration publique repose avant tout sur une démarche procédurale strictement encadrée par la loi.
« La bonne gouvernance demeure la norme ultime de toute forme de contrôle de la gestion de la chose publique », a-t-il déclaré.
Somme toute, le titulaire du ministère de la Justice a souhaité que les discussions et les réflexions issues de cette journée ne restent pas sans suite, espérant que le Salon du Droit continue d’être un espace permanent de réflexion ainsi qu’un phare pour la jeunesse haïtienne.
Modeline Youte
