L’insécurité continue de plonger plusieurs zones de la capitale dans une profonde détresse humaine et sociale. De la Plaine du Cul-de-Sac à Tabarre, en passant par Pernier, Torcel, Kenscoff et plusieurs villes de province, les violences armées imposent quotidiennement leur loi à une population épuisée par les déplacements forcés, les assassinats, les incendies criminels et la paralysie des activités économiques et scolaires.
En effet, dans plusieurs quartiers de la région métropolitaine de Port-au-Prince, des familles entières abandonnent leurs maisons pour fuir les affrontements entre groupes armés. Des écoles se retrouvent privées de leurs élèves, des enfants vivent dans la peur permanente et de nombreuses personnes âgées se retrouvent sans assistance dans des conditions extrêmement précaires.
À la Plaine du Cul-de-Sac, la situation demeure particulièrement préoccupante. Environ une centaine de familles déplacées provenant de différentes localités de la zone ont trouvé refuge depuis plusieurs jours sur la place Trois Mains, à proximité de la route de l’aéroport, après l’invasion de plusieurs secteurs de Cité Soleil par des hommes armés le week-end dernier.
Ces déplacés racontent avoir fui des scènes de violence marquées par des incendies de maisons, des tirs nourris et des assassinats. Plusieurs victimes affirment que des proches ont été tués lors des attaques perpétrées par des groupes armés opérant dans la zone.
Dans les camps improvisés, les conditions de vie restent extrêmement difficiles. Femmes, enfants et personnes âgées vivent sans véritable accompagnement, exposés à la faim, au manque d’eau potable et aux risques sanitaires. Beaucoup dénoncent l’absence de prise en charge de la part des autorités étatiques.
Alors que le climat sécuritaire continue de se détériorer, de nombreux citoyens critiquent ce qu’ils considèrent comme l’incapacité de l’État à protéger la population et à reprendre le contrôle des territoires occupés par les gangs armés, notamment la coalition Viv Ansanm et d’autres structures criminelles opérant dans plusieurs communes du pays.
Parallèlement, la Police nationale d’Haïti a annoncé avoir mené, le mercredi 13 mai 2026, une opération policière dans les zones de Pernier 17 et de Park Cheval, dans la commune de Tabarre. Selon un communiqué de l’institution, cette intervention a été conduite par l’Unité Tactique Anti-Gang (UTAG) dans le cadre des opérations visant à reprendre le contrôle de zones jugées sensibles.
La police affirme que plusieurs individus présentés comme membres de groupes armés ont été mortellement blessés lors d’échanges de tirs avec les forces de l’ordre. Deux armes de poing auraient également été saisies au cours de cette intervention.
La PNH soutient que cette opération s’inscrit dans une offensive sécuritaire plus large visant à renforcer la présence policière dans plusieurs régions du pays et à combattre l’expansion des groupes armés.
Cependant, malgré ces interventions, de nombreux citoyens continuent de dénoncer la persistance de la violence et l’aggravation de la crise humanitaire. Certains estiment que les conditions actuelles ne sont pas favorables à l’organisation d’élections transparentes et inclusives, alors que des milliers de personnes vivent encore sous la menace permanente des armes et des déplacements forcés.
Vladimir Predvil
