À l’occasion de la Journée nationale des droits de l’enfant, célébrée chaque deuxième dimanche du mois de juin, la Commission Pastorale pour la Justice et les Droits Humains (COPAJUDH) appelle à une mobilisation nationale afin d’améliorer les conditions de vie des enfants haïtiens, particulièrement ceux exposés à la vulnérabilité, à l’insécurité et à l’exclusion sociale.
Dans sa déclaration, la COPAJUDH rappelle que les enfants bénéficient de protection prévue par la Constitution haïtienne ainsi que par les conventions internationales ratifiées par Haïti. Ces textes reconnaissent notamment le droit à l’identité, à la santé, à l’éducation, à la sécurité et à la protection.
Toutefois, selon la Commission, ces garanties demeurent largement théoriques au regard des nombreuses difficultés auxquelles les enfants font face au quotidien. L’organisation souligne que de nombreux enfants ne disposent toujours pas d’acte de naissance, limitant ainsi leur accès aux services essentiels.
Par ailleurs, les difficultés d’accès aux soins de santé, la fermeture de plusieurs centres et le coût élevé des traitements contribuent à accentuer leur vulnérabilité.
Sur le plan éducatif, l’insécurité continue de perturber fortement le fonctionnement des établissements scolaires. Dans certaines zones, les écoles peinent à poursuivre leurs activités, tandis que d’autres ont dû fermer leurs portes, privant ainsi de nombreux enfants de leur droit à l’éducation.
Elle attire également l’attention sur la situation des enfants déplacés internes en raison de la violence armée. Beaucoup vivent aujourd’hui dans des conditions précaires et sans accès régulier aux services de base.
L’organisation dénonce également l’augmentation des violences physiques et sexuelles contre les enfants ainsi que les risques liés à leur exploitation ou à leur implication dans des conflits armés.
Face à cette situation, la Commission appelle les autorités compétentes à adopter des mesures immédiates et durables visant à renforcer la protection de l’enfance.
Parmi les priorités évoquées figurent la modernisation du système d’état civil, l’amélioration de l’accès aux soins de santé, la sécurisation des établissements scolaires et le renforcement de l’accompagnement des familles déplacées.
Au-delà des déclarations et des engagements institutionnels, la COPAJUDH estime que la protection des enfants relève d’une responsabilité collective. Pour l’organisation, garantir les droits des enfants aujourd’hui constitue une condition essentielle pour bâtir l’avenir d’Haïti et préserver les générations futures.
Modeline Youte
