Le budget rectificatif 2025-2026, adopté par le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé, consacre une enveloppe substantielle aux institutions chargées de la sécurité. La Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées d’Haïti (FAd’H) bénéficient ensemble de plus de 56,9 milliards de gourdes, un effort inédit destiné à renforcer leurs capacités d’intervention face à la crise sécuritaire.
Dans le budget rectificatif 2025-2026, la part consacrée à la sécurité nationale en regroupant principalement le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique ainsi que le Ministère de la Défense représente environ 18,8 % de l'enveloppe globale de l'État.
Police nationale d’Haïti (PNH)
Sous la tutelle du Ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP), la PNH voit son budget grimper à 46,3 milliards de gourdes, contre 34,2 milliards prévus initialement.
Dépenses de fonctionnement : 27,3 milliards
Dépenses d’investissement : 19 milliards
L’essentiel de cette hausse concerne les immobilisations (18,4 milliards), destinées à l’acquisition d’équipements et au développement d’infrastructures. Une enveloppe supplémentaire de 280 millions est prévue pour les dépenses de personnel.
Forces armées d’Haïti (FAd’H)
Le Ministère de la Défense bénéficie lui aussi d’un ajustement notable. Le budget des FAd’H atteint 10,6 milliards de gourdes, soit plus du triple des prévisions initiales 3,1 milliards de gourdes. Dépenses de fonctionnement : 3,1 milliards Dépenses d’investissement : 7,4 milliards Ces crédits sont concentrés sur le projet « Renforcement des capacités techniques et structurelles des Forces armées d’Haïti », financé par le Trésor public. Ils visent notamment l’acquisition de matériels, la construction de bases et la mise en place d’unités spécialisées dans la lutte contre les gangs.
Une priorité nationale
Au total, la sécurité nationale absorbe 18,8 % du budget global fixé à 360,3 milliards de gourdes. MJSP : 54,9 milliards (dont 46,3 pour la PNH) Ministère de la Défense : 12,7 milliards dont 10,6 pour les FAd’H. À ces montants s’ajoute le Fonds de soutien à la sécurité nationale, doté de 2,29 milliards de gourdes, contre 1,79, soit une hausse de 500 millions par rapport aux prévisions initiales.
En outre, une subvention directe de 231 millions vient compléter ce dispositif. Ces chiffres sont directement liés à la crise sécuritaire mentionnée comme l'une des causes principales de ce décret rectificatif, nécessitant une réponse urgente de l'État.
Ces augmentations budgétaires s'inscrivent dans la mesure de répondre aux urgences liées à la sécurité mentionnées dans les considérants du décret, la crise sécuritaire ayant rendu nécessaire un ajustement des prévisions initiales. À titre de comparaison, l'enveloppe globale du budget rectificatif national est fixée à 360 311 000 000 HTG.
Ces réajustements traduisent-ils la volonté du gouvernement de répondre à l’urgence sécuritaire? Toutefois, la crise actuelle, qualifiée d’« imprévisible » dans le décret rectificatif, impose un renforcement rapide des moyens de l’État pour faire face aux menaces grandissantes.
Likenton Joseph
