Dans le cadre du Programme d’Accompagnement Personnalisé aux Demandeurs d’Asile et Réfugiés (PAPDAR), financé par la Fondation pour les communautés noires avec le soutien partiel du gouvernement du Canada, et bénéficiant également de l’appui financier du Groupe 3737, le Centre de recherche-action sur le vivre-ensemble (CRAVE) et l’Observatoire international pour la démocratie et la gouvernance (OIDG) ont organisé, le samedi 27 juin 2026, une Journée de solidarité et d’accompagnement destinée aux demandeurs d’asile et aux réfugiés vivant au Canada.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la décision de la Cour suprême des États-Unis de mettre fin au Statut de protection temporaire (TPS), une mesure qui touche environ 350 000 ressortissants haïtiens. Dans une note de conjoncture publiée le 29 juin 2026, l’OIDG a pris acte de cette décision et a appelé les autorités haïtiennes à anticiper les conséquences humaines, sociales et économiques qu’elle pourrait engendrer.
Dans son intervention, le Dr Ambroise Guillaume, président du CRAVE et de l’OIDG, a rappelé que le PAPDAR constitue une réponse concrète aux nouveaux défis migratoires auxquels font face de nombreuses familles haïtiennes. Il a expliqué que plusieurs personnes, confrontées à l’incertitude de leur statut aux États-Unis, cherchent aujourd’hui protection et stabilité au Canada, ce qui accentue les besoins en matière d’accompagnement, d’intégration et d’accès aux services.
Le Dr Guillaume a souligné que la précarité du statut migratoire expose ces personnes à une grande vulnérabilité. Les délais administratifs, la difficulté d’accès au logement, l’intégration rapide au marché du travail et les risques de discrimination rendent indispensable la mise en place d’un soutien personnalisé et adapté à leur réalité.
L’OIDG exhorte par ailleurs le gouvernement intérimaire du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à prendre toutes les dispositions nécessaires pour accueillir dignement les compatriotes haïtiens qui pourraient être contraints de retourner au pays si aucun sursis n’est accordé par les autorités américaines.
L’organisation estime également que cette situation peut représenter une opportunité pour Haïti. Les milliers d’Haïtiennes et d’Haïtiens concernés ont acquis, au fil des années, des compétences, une expertise professionnelle et une expérience précieuse qui pourraient contribuer au développement économique, social et institutionnel du pays.
Toutefois, l’OIDG rappelle qu’un éventuel retour massif nécessitera la mise en œuvre d’un véritable plan national de réinsertion sociale et économique, comprenant des mesures en matière d’emploi, d’entrepreneuriat, de logement, de santé et de sécurité. L’objectif est de transformer ce défi humanitaire en une occasion de renforcer le capital humain et de soutenir la reconstruction nationale.
L’Observatoire invite également les autorités haïtiennes à maintenir un dialogue permanent avec la diaspora et les partenaires internationaux afin de coordonner les efforts nécessaires pour garantir un accueil digne, respectueux des droits humains et favorable à une intégration durable des personnes concernées.
Au cours de la journée du 27 juin, les participants ont pu rencontrer gratuitement Me Esther Louis, LL.B., avocate, ainsi que M. Michelange Obas, consultant en immigration, afin d’obtenir des conseils personnalisés sur leurs démarches et leurs droits.
Ils ont également bénéficié de l’accompagnement de Mme Ruth Desamours, chargée de projets en employabilité à Femmes en Emploi, qui a répondu à leurs questions et les a orientés dans leur intégration au marché du travail québécois.
De son côté, M. Michel Jean Gilles, personne-ressource en administration, a offert un soutien sur plusieurs aspects pratiques, notamment l’évaluation comparative des études, les demandes et renouvellements de permis de travail ainsi que les demandes de permis d’études.
L’activité s’est conclue par une prestation musicale inspirante de l’artiste engagé Jean Jean Roosevelt, dont la présence a contribué à faire de cette journée un moment de solidarité, de fraternité et d’espoir.
Par cette initiative, le CRAVE et l’OIDG réaffirment leur engagement en faveur de l’accompagnement des demandeurs d’asile et des réfugiés, tout en appelant à une réflexion collective sur les conséquences de la fin du TPS et sur l’avenir des milliers de familles haïtiennes concernées.
