Soulagement pour le football haïtien. Duckens Nazon, deuxième meilleur buteur de l’histoire des Grenadiers et figure emblématique de la sélection qualifiée pour la Coupe du Monde de la FIFA 2026, est sain et sauf après avoir traversé une situation dramatique en Iran.
Alors qu’il évoluait sous les couleurs de l’Esteghlal FC, l’attaquant haïtien s’est retrouvé pris dans le contexte des bombardements ayant visé Téhéran le week-end dernier. Contraint de quitter précipitamment le pays, « Le Duc » a parcouru plusieurs kilomètres pour atteindre la frontière azerbaïdjanaise. À son arrivée, il a été retenu plus de trente heures, les autorités iraniennes ayant déjà apposé un tampon de sortie sur son passeport, l’empêchant de faire marche arrière.
Son passage vers l’Azerbaïdjan s’est finalement débloqué grâce à une mobilisation diplomatique impliquant sa manager, sa famille et divers relais institutionnels. L’intervention coordonnée entre représentations diplomatiques a permis d’obtenir une autorisation exceptionnelle pour qu’il franchisse la frontière, malgré l’absence du code requis. Le joueur a reconnu avoir vécu des heures de peur intense, notamment lors de la traversée d’une zone sous tension militaire.
Désormais hors de danger, Nazon se tourne vers l’avenir. Le championnat iranien étant suspendu, il souhaite trouver rapidement un nouveau club afin de préserver sa condition physique à quelques mois du Mondial. Il pourrait, selon ses propos, s’entraîner provisoirement avec le club de Rouen en attendant de signer ailleurs. Il espère également que la FIFA adoptera des mesures adaptées, comme ce fut le cas lors d’autres conflits récents.
Né le 7 avril 1994 à Châtenay-Malabry, Duckens Moïse Nazon totalise 74 sélections et 44 buts sous le maillot haïtien, à seulement trois longueurs du record d’Emmanuel Sanon. Sa présence demeure un pilier psychologique et sportif pour les Grenadiers.
Le National se réjouit de savoir son attaquant vedette en sécurité et lui souhaite de retrouver rapidement les terrains pour préparer sereinement l’échéance mondiale.
Gérald Bordes
