La série de clôture du Championnat national D1 « Paryaj Lakay » 2025-2026 s’ouvre dans le sillage d’une série d’ouverture remportée par le Violette Athletic Club. La compétition a désigné un vainqueur ravivant l’idée d’un championnat que certains voudraient déjà qualifier de « professionnel ». Pourtant, ni un trophée ni quelques primes ne suffisent à fonder un tel statut. Un véritable championnat professionnel se mesure à des normes et obligations précises : calendrier respecté, terrains homologués, licences à jour, contrats de joueurs enregistrés, arbitrage structuré, sécurité garantie, discipline prévisible, partenariats de sponsoring et de marketing, droits de diffusion et de retransmission, traçabilité des ressources, entre autres.
L’arrivée de la « Fondation Paryaj Lakay » en tant que sponsor principal confère à cette relance une portée qui dépasse le simple affichage commercial. Par son engagement annoncé sur cinq ans, elle exprime sa confiance dans la continuité de la compétition et dans la structuration du football haïtien amorcée par le Comité de Normalisation (CN).
Cette dynamique s’est également traduite par un appui aux sélections nationales, notamment aux U17, dans un cadre de mobilisation élargie. Sous l’impulsion du CN, le retour du secteur privé prend ainsi le sens d’une responsabilité sociale d’entreprise (RSE) appuyée par une rigueur administrative et procédurale, de nature à rassurer les partenaires quant à l’usage vertueux des fonds.
Reste la question décisive : comment transformer cette dynamique dans un football encore sous normalisation ? Le cadre de la FIFA est strict, mais le droit du sport doit aussi permettre de sécuriser les transitions. D’où mon plaidoyer pour une solution haïtienne, juridiquement balisée : une Assemblée générale élective rétablissant la souveraineté des clubs, suivie, dans un consensus dégagé, d’une requête formelle à la FIFA afin de préserver, pour une limitation de mandats (2 au maximum à mon avis), certaines compétences éprouvées du CN.
Le véritable professionnalisme commence lorsque l’élan sportif devient un acquis institutionnel.
N.B. Une version plus longue et plus détaillée de cette réflexion sera publiée pour une compréhension plus exhaustive des enjeux.
Mickelson Thomas
