Historique. À Grenade, du 4 au 6 avril 2026, Haïti a inscrit son nom avec éclat dans l’histoire des Jeux CARIFTA en décrochant trois médailles — une d’argent et deux de bronze — mettant fin à plus d’un demi-siècle d’attente depuis la création de la compétition.
La performance la plus marquante est venue de Hope Edwards (U17), médaillée d’argent au 400 m haies avec un temps de 1 min 02 s 48. Elle est accompagnée sur le podium par Aisha Wajid (U17), médaillée de bronze au 800 m (2 min 14 s 96), et Breanne Barnett (U20), troisième du 200 m en 23 s 49.
Au-delà des chiffres, c’est une page fondatrice qui s’écrit. Le président de la Fédération haïtienne d’athlétisme amateur (FHAA), Jean Linedo Delpé, n’a pas caché son émotion, soulignant que ces médailles incarnent bien plus que des performances sportives : elles traduisent la résilience d’un peuple qui refuse l’effacement et affirme, à travers ses enfants, sa capacité à se relever.
Il a également mis en lumière une dimension essentielle : ces athlètes, pour la plupart issues de la diaspora, ont fait le choix de représenter Haïti. Un acte qu’il qualifie de profondément identitaire, à la fois engagement, appartenance et fidélité à une origine.
Dans un contexte pourtant marqué par un déficit de soutien institutionnel, le dirigeant a rappelé que, de 2021 à 2026, la fédération a cumulé onze médailles et atteint plusieurs finales internationales, dont une finale mondiale avec Wadeline Venlogh en Pologne. Une trajectoire construite sans appui étatique ni accompagnement structuré du secteur privé.
Face à cette réalité, il lance un appel pressant à une mobilisation collective, convaincu que l’athlétisme haïtien recèle un vivier de talents encore sous-exploité, capable d’écrire d’autres pages glorieuses si les conditions d’encadrement sont réunies.
La délégation haïtienne, composée de sept athlètes — Aisha Wajid, Anahia Joseph, Fallon Siriban, Hope Edwards, Sariah Doresca, Gisele Losse et Breanne Barnett — aura ainsi porté, avec dignité et ambition, les couleurs nationales sur la scène caribéenne.
Gérald Bordes
