Par Ralf Dieudonné JN MARY
Il y a un demi-siècle, Haïti brillait sur la scène mondiale
En 1974, Haïti entra dans l’histoire en devenant la première nation caribéenne francophone à participer à une Coupe du Monde de football, affrontant les plus grands avec fierté et détermination. Dans les stades allemands, les couleurs haïtiennes flottaient, le monde découvrait Emmanuel Sanon, et un peuple entier vibrait au rythme d’un rêve devenu réalité.
Aujourd’hui, ce rêve peut renaître. Pas seulement sur le terrain, mais chez nous, dans nos îles.
Un rêve fou ? Non. Une vision
Et si, en 2046, la Coupe du Monde de la FIFA se jouait à Port-au-Prince, La Havane et Saint-Domingue ?
Et si, pour la première fois de l’histoire, les Caraïbes unies devenaient le centre du monde du sport, de la culture et de l’humanité rassemblée ?
Ce n’est pas une utopie. C’est un pari sur l’intelligence, la volonté politique, la coopération régionale et la foi en l’avenir.
La Caraïbe : un arc stratégique au cœur des Amériques
Sur le plan géographique, Haïti et la République dominicaine partagent l’île d’Hispaniola, et Cuba, située à moins de 80 kilomètres au nord, forme avec elles un arc insulaire naturel, situé au carrefour des Amériques. Entourées par l’océan Atlantique et la mer des Caraïbes, ces nations sont reliées par l’histoire, les échanges, la culture... et la passion du football, même si le développement de ce sport n’est pas uniforme dans chacune d’elles.
Avec des investissements ciblés, une diplomatie sportive visionnaire et une planification rigoureuse, cet arc peut devenir un pôle d’excellence mondial en matière de sport et d'accueil international.
Pourquoi maintenant ? Pourquoi nous ?
Parce que le football n’appartient pas seulement aux grandes puissances économiques.
Parce que la FIFA l’a déjà prouvé en attribuant l’organisation de la Coupe du Monde 2026 à trois pays : États-Unis, Canada et Mexique.
Parce que le Sud global réclame sa place, non par charité, mais par mérite, par dignité, par vision.
Parce que nos peuples — face aux tremblements de terre, aux sanctions, aux crises politiques et économiques pour Haïti, face aux blocages, aux restrictions et aux défis de transition pour Cuba, et face aux inégalités et à la quête d’équité sociale pour la République dominicaine — n’ont jamais cessé de rêver, de lutter, de chanter, de jouer.
Les défis sont réels. Mais ils sont surmontables.
Il serait malhonnête d’ignorer les obstacles :
- Infrastructures sportives à reconstruire ou à créer,
- Sécurité à renforcer,
- Transports et logistique à moderniser,
- Coopération politique à consolider.
Mais ce ne sont pas des murs, ce sont des chantiers.
Chacun d'eux peut générer des emplois durables, des transferts de compétences, des investissements publics et privés, et surtout une dynamique d’espoir.
Haïti ne peut le faire seule. Mais avec Cuba et la République dominicaine, avec le soutien de la communauté internationale, des institutions financières, des diasporas caribéennes, ce projet devient non seulement viable, mais puissant.
Appel à l’action : que les voix se lèvent.
Nous lançons ici un appel solennel à la FIFA, aux gouvernements de nos trois nations, aux investisseurs, aux légendes du sport, aux intellectuels, aux artistes, aux ingénieurs, aux architectes, aux urbanistes, aux économistes, à tous les enfants de la Caraïbe et aux amis du monde entier :
Joignez-vous à ce projet. Aidez-nous à semer aujourd’hui la Coupe du Monde de demain.
Nous pensons à vous :
Gianni Infantino, président de la FIFA : l’histoire aime les pionniers.
Usain Bolt, icône mondiale du sport caribéen.
Naomi Osaka, ambassadrice d’une jeunesse métissée et courageuse.
Wyclef Jean, voix d’Haïti et des causes globales.
Didier Drogba, Clarence Seedorf, : figures de ce football des peuples.
Banques de développement (BID, Banque Mondiale), grandes ONG, entreprises visionnaires : il y a ici un retour sur investissement humain et stratégique unique.
Une génération, un pari, une Coupe du Monde.
Nous avons 20 ans. C’est long, mais c’est court pour transformer une région.
20 ans pour bâtir des stades, des routes, des rêves solides.
20 ans pour que les enfants haïtiens, cubains, dominicains d’aujourd’hui deviennent les ingénieurs, les footballeurs, les bénévoles, les héros de demain.
Et en 2046, le monde entier verra…
Un match d’ouverture à La Havane.
Une demi-finale à Saint-Domingue.
Une finale au Stade Sylvio Cator, reconstruit, moderne, vibrant.
Et les yeux du monde tourneront vers nous, non pas pour ce que nous avons souffert, mais pour ce que nous avons accompli.
Il est temps de rêver grand. Il est temps de bâtir ensemble.
La Coupe du Monde 2046. Haïti. Cuba. République dominicaine. Une Coupe. Trois cœurs. Un monde.
En attendant 2046, Haïti 2026, à toi de faire rêver, à ton tour de jouer, à ton tour de marquer, à ton tour de gagner.
Ralf Dieudonné JN MARY dit Lysius Félicité Salomon Jeune.
Auteur, conférencier, mentor et enseignant haïtien. Ingénieur civil diplômé de la Faculté des Sciences de l’Université d’État D’Haïti.
