Devoir de mémoire et de reconnaissance, quand vous observez et admirez les talents sur le terrain, dans toutes les disciplines sportives confondues, en particulier le football, ces derniers ne sont jamais seuls.
Derrière ces hommes et ces femmes à l'honneur, se dressent des murs solides et invisibles, à travers lesquels chaque pierre, chaque bloc porte les noms des personnes et des institutions pas toujours connues du public, mais dont leurs contrib
Des leviers influents, des forces aussi puissantes ou déterminantes nous obligent à les appeler les 21 mains invisibles. Ces mains se définissent comme un réseau humain, institutionnel et social qui, ensemble, fait avancer le football haïtien.
Dans l'objectif d'honorer ces mains invisibles, au nom de tous les ambassadeurs de l'équipe nationale, il faudra commencer par les identifier en premier lieu. Ces 21 mains sont avant tout regroupées en trois grandes catégories : Les forces humaines ; Les structures et institutions ; Les Forces de visibilité et de soutien. Ces trois piliers constituent l’ossature du football national et expliquent pourquoi, malgré les défis, Haïti continue de produire des talents qui brillent dans les championnats du monde entier.
Difficile de développer chacune d’elles, sans prendre le temps de rappeler leur rôle global qui se présente comme suit: Les forces humaines forment, inspirent et accompagnent l’athlète. Les structures et institutions organisent, encadrent et rendent possible la pratique du football. Et les forces de visibilité et de soutien financent, racontent et amplifient la portée du football haïtien.
Des forces humaines qui forment, inspirent et accompagnent chaque joueur ?
Derrière chaque grand joueur, se cachent des forces humaines à l'origine qui sont les piliers souvent invisibles pour ces vedettes, dans pratiquement toutes les disciplines sportives entre autres. Ces acteurs sont le cœur battant du football haïtien. Ils façonnent l’athlète, l’encadrent, le motivent et l’aident à grandir.
Dans cette liste, on retrouve les parents, qui sont les premiers éducateurs, les premiers supporters, les premiers investisseurs émotionnels de ces jeunes, que l’on oublie souvent et toujours de remercier pour leurs sacrifices et leurs investissements.
Des amis et des membres de la communauté, en passant par les amis, les voisins, les jeunes ou les sportifs du quartier, ou les talents à l'école et dans d’autres espaces fréquentés, qui sont parmi les premiers coéquipiers, parfois les premiers adversaires, et les premiers motivateurs. Quel athlète n’a pas en mémoire le souvenir d’un voisin ou d’une voisine bienfaitrice du quartier ? Quel talent sportif évoluant dans la sélection nationale n’a pas en souvenir une contribution déterminante, venant d’un proche de la diaspora, dans leur parcours d’excellence ?
Des enseignants viennent souvent rattraper le train. Ils transmettent la discipline, la rigueur, le respect. Dans certains établissements scolaires entre autres, ou dans la ville, on retrouve les entraîneurs de quartier, les architectes du talent brut, et leurs contributions sont souvent bénévoles.
Des sélectionneurs nationaux arriveront en cours de route. Ils sont les bâtisseurs de l’identité sportive nationale. A travers les équipes techniques composées des préparateurs physiques, des médecins, des analystes vidéo l’enfant, le jeune ou le professionnel bénéficient souvent d'un meilleur encadrement.
Des arbitres qui deviennent les garants de l’équité sportive, en passant par les joueurs professionnels, qui deviennent des ambassadeurs du pays dans le monde, sont autant de mains qui participent dans un sens ou dans un autre, dans la fabrication des jeunes talents du pays, qui représente désormais la relève, la promesse, l’avenir. De telles forces humaines sont pratiquement les racines du football haïtien. Elles incarnent la passion, la transmission et la résilience.
Des structures et institutions qui organisent, encadrent et rendent possible le rêve ?
Dans l’admiration exprimée en permanence et au quotidien par les supporters, ces derniers ne doivent jamais oublier la place et le poids des structures formelles et institutionnelles dans la trajectoire de nos joueurs. Ces forces créent les cadres, elles assurent la gouvernance et ouvrent les portes vers l’international. Qui sont-elles ?
Des clubs amateurs, qui constituent souvent les premiers laboratoires de compétition, en passant par celles et ceux qui ont la chance de fréquenter les académies de formation, en particulier des centres de développement professionnel. Ce sont autant de forces ou de mains invisibles qu’on ne voit pas sur le terrain. Pourtant sans ces structures et institutions, ces nouvelles vedettes qui viennent et repartent allaient se retrouver derrière un écran ou dans un stade pour regarder le match à distance.
Dirigeants de clubs, ces responsables qui participent dans la gestion, la logistique, la vision stratégique qui conduisent au chemin de la gloire de chacun de nos athlètes. Les institutions sportives nationales comme la Fédération Haïtienne de Football, en première ligne, en passant par les ligues régionales, les comités locaux sont autant de structures à honorer quand les résultats sont au rendez-vous.
Dans tous les cas de figure, et à travers ses nombreuses structures politiques, techniques, diplomatiques, économiques et financières entre autres, l’État haïtien mérite autant de lauriers dans l’accomplissement ou l’admiration populaire de nos joueurs. Les différents ministères et les infrastructures de toutes sortes, la diplomatie sportive, le soutien officiel sont autant de leviers publics à saluer en amont et en aval.
Des organisations aux multiples qualificatifs et juridictions, comme les ONG, les fondations et des chambres de commerce, figurant parmi les mains qui font bouger dans le bon sens les programmes sociaux, les bourses, les terrains de jeu, et certains enjeux déterminants.
Des clubs étrangers s’ajoutent de plus en plus dans la liste des fabricants d’opportunités internationales pour les talents. En somme, ces structures sont les piliers administratifs et organisationnels du football haïtien. Sans elles, aucun championnat, aucune sélection, aucune carrière ne serait possible. Voilà pourquoi il faut saluer leurs contributions dans les campagnes de promotion qui ciblent presque exclusivement les joueurs.
Des forces qui rendent visibles, soutiennent, financent, racontent et amplifient ?
Diaspora, diaspora, diaspora dans toutes ces composantes. Elles donnent au football haïtien les moyens d’exister, de rayonner et d’être vu. La diaspora haïtienne se confirme comme l’un des principaux soutiens financiers dans ce secteur, en dehors de son apport relatif à la logistique et dans le moral des joueurs, dans la majorité des cas. Qui a dit que la majorité des joueurs retenus dans la sélection masculine de football pour la coupe du monde 2026, est issue de la diaspora ?
D’autres sponsors et des mécènes, apportent autant de contributions pas toujours visibles et publiques, en termes d’équipements, lors des tournois, et dans d’autres activités qui favorisent le développement des talents et des infrastructures.
Des médias, en particulier la communauté de la presse sportive, est un acteur incontournable, une main à la fois invisible et visible, qui participe activement dans la narration, dans la fabrication de la mémoire collective (formelle et informelle), tout en s’imposant comme le principal miroir à projeter la visibilité. Parmi ces hommes et femmes professionnels de la presse sportive, figurent les photographes, les chroniqueurs, les rédacteurs, les vidéastes, les reporters, et d’autres techniciens qui investissent dans les archives visuelles, et la promotion des spectacles. Que dire des supporters qui enrichissent les manifestations par leur passion, leur identité, et leur énergie à la fois populaire et solidaire.
Des telles forces amplifient ainsi, la portée du football haïtien. Elles transforment les exploits en histoire, les matchs en émotions, les joueurs en symboles. C’est ce qui nous porte à croire qu’il ne faut pas les ignorer et les oublier.
Depuis toujours, le football haïtien n’est pas porté par une seule force, mais par une constellation de 21 mains invisibles. Ces mains humaines, institutionnelles et sociales travaillent ensemble pour faire émerger des talents, créer des opportunités et porter haut les couleurs d’Haïti. En reconnaissant ces 21 forces, nous reconnaissons la valeur du collectif, la puissance de la solidarité et la beauté d’un pays qui continue de croire en ses enfants. Le football haïtien est plus que jamais un héritage, un combat, et une fierté. Et tant que ces 21 mains resteront unies, Haïti continuera de briller sur tous les toits du monde.
Dominique Domerçant
