Révolution pour tous, Tous pour une révolution... Mais avec qui ?

Les problèmes politiques sont les problèmes de tout le monde et les problèmes de tout le monde sont des problèmes politiques, écrit Hannah Arendt. On ne change pas une équipe qui gagne, dit-on. Mais lorsqu’une équipe ne peut pas donner de résultat, on est obligé de la changer, reconnait plus d’un. En politique, lorsqu’il y a un État en mauvais état, le devoir des nationalistes en Haïti comme dans la diaspora est de lutter pour le changer.

 Lorsque dans un pays, avec un système mafieux, il y a un petit groupe de personnes qui forme la classe dominante et qui détient toutes les richesses du pays continue à accaparer toutes les ressources d’Haïti à leur seul et exclusif profit, il faut des patriotes qui pensent changer cela. Quand, par le biais de leurs hommes de main, l’oligarchie mafieuse continue de tuer et massacrer les infortunés dans des zones marginales du pays, il faut qu’il y ait une révolution. Mais les chiens de garde du système, peuvent-ils parler de révolution quand ils ne sont pas des révolutionnaires ?   

Dans son livre l’Afrique et la révolution, Tome 13, Ahmed Sekou Touré écrit: si l’idée d’une école fait penser à un maître et à des élèves, l’idée de l’existence d’une société fait penser au caractère immortel du peuple qui se renouvelle sans discontinuité à travers ses composantes et à l’existence d’une civilisation et une culture inhérente à toute vie sociale organisée.  

Et comme une sorte de mise en garde aux faux révolutionnaires de toutes tendances démagogiques confondues, Sekou Touré a aussi fait mention qu’il n’y a pas de révolution sans conscience révolutionnaire et il n’y a pas de révolution qui n’engendre pas, à travers ses actes concrets, des germes de contre-révolutionnaire. Et il n’y a pas non plus de révolution sans volonté et sans activité de transformation de l’ordre ancien en un ordre nouveau. 

Définitivement, être révolutionnaire est une élévation et une prise de conscience politique qui exige constamment des engagements et un lien complètement étroit entre le leader nationaliste et son peuple, particulièrement les déshérités du sort. 

Le révolutionnaire (qui n’est pas un abolocho) est quelqu’un qui croit dans l’être humain. Pas dans des postes politiques et d’élections frauduleuses d’un pouvoir politique de bandits légaux, illégalement au timon des affaires depuis des années.

Cela fait longtemps qu’on parle de démocratie sans des démocrates en Haïti. Donc, aujourd’hui parler de révolution sans des cadres révolutionnaires avec une idéologie, c’est comme parler de cette « ’mission salvatrice », cette force multinationale qui était rentrée au pays le stabiliser après le coup d’État de 2004, puis, à leur départ le laisser dans le chaos.   

En fin de compte, parler de révolution avec des hommes qui n’ont pas de conscience révolutionnaire, c’est comme parler du mouvement de contrat social en 2004 avec une élite haïtienne, dont leur mépris, par rapport aux conditions de vie de misère et de précarité des gens de la classe défavorisée donne envie de vomir. Et c’est ce sentiment de haine et de rejet à l’égard des pauvres du pays qui malheureusement détruit Haïti et son progrès de développement économique.

Donc, parler de révolution aujourd’hui, c’est planifier à faire partir l’incompétent PM qui est, comme eux, un anti-nationaliste, un coquin, un insouciant, pour finalement, demain, partager le pouvoir de l’exécutif et les franchises douanières d’un État en mauvais état de décomposition.

«Il n’y a pas de révolution sans volonté et sans activité de transformation de l’ordre ancien en un ordre nouveau».

 

Esau Jean-Baptiste

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