Le couperet est tombé le 18 décembre 2025. Un décret liberticide menace désormais de réduire au silence les dernières voix critiques du pays. Selon les informations rassemblées par la rédaction de Le National, ce texte législatif, censé encadrer la presse, marque en réalité un tournant autoritaire inquiétant. L’Institut NovoDemocratia ne s'y trompe pas. Dans une note de presse explosive, l'organisation dénonce une offensive frontale contre les droits fondamentaux.
Une justice disproportionnée
Le droit de s'exprimer devient un sport de haut risque. Le nouveau décret ne se contente pas de réguler mais il punit. Il emprisonne. En maintenant des peines de prison pour des délits de presse, l'État ayitien tourne le dos à ses engagements internationaux. L'Institut NovoDemocratia fustige ce choix archaïque.
Le constat est ruminant « en maintenant et en aggravant des peines privatives de liberté pour des infractions d'expression, ce texte méconnaît le principe de proportionnalité ». Le message envoyé aux journalistes est que « parlez, et vous finirez derrière les barreaux ». Cette pénalisation du discours est un vestige des dictatures que l'on croyait révolues.
Le bouclier des puissants
Dans une démocratie saine, l'élu doit rendre des comptes. Ce décret inverse la logique. Il crée une caste d'intouchables. Les autorités publiques et les institutions bénéficient désormais d'une protection juridique renforcée. C'est un contresens historique. Pour NovoDemocratia, « les responsables publics sont tenus, en droit international, à un seuil de tolérance plus élevé à la critique ». En revanche, le texte prévoit des sanctions lourdes pour quiconque oserait égratigner les symboles de la République ou les figures historiques. L'institut s'inquiète de cette dérive qui « porte atteinte à la liberté d'opinion, à la liberté académique et au principe de légalité pénale ». On ne débat plus, on sacralise le pouvoir.
L’arbitraire comme mode de gouvernance
Le flou est l'allié de la tyrannie. Le décret utilise des termes vagues, malléables au gré des intérêts politiques. Qu'est-ce qu'une « atteinte à la dignité » ? Qui définit le « trouble à l'ordre public » ? Cette imprécision « ouvre la voie à l'arbitraire et favorise l'autocensure ». Le journaliste hésite. Le citoyen se tait. L'ombre de la peur s'étend sur les rédactions.
Le volet numérique n'est pas en reste. Les plateformes et les médias sont désormais sommés de dénoncer leurs sources. Sous couvert de sécurité, l'État exige des données d'identification. Pour l'Institut, ces mesures « menacent la protection des sources journalistiques, le droit à la vie privée et l'anonymat en ligne ». C'est le panoptique numérique mis au service de la répression.
Le diagnostic final de NovoDemocratia est accablant. Ce décret n'est pas une simple maladresse administrative. C'est un choix politique. « Ce décret constitue un recul préoccupant pour la liberté d'expression en Ayiti », affirme l'organisation. À l'heure où les technologies devraient libérer la parole, le gouvernement choisit de cadenasser le débat.
La post-modernité exige des garanties, pas des menaces. La démocratie ayitienne, déjà fragile, tourne en rond sous le poids de cette censure institutionnalisée. L'Institut NovoDemocratia appelle à un sursaut. Car la sécurité de l'État ne peut se construire sur les cendres de nos libertés.
Elmano Endara JOSEPH
