Partie II
Jacques 4:1
« D’où viennent les luttes, et d’où viennent les querelles parmi vous ? N’est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres ? »
Plonger dans la Bible, c’est comme ouvrir un livre qui parle sans cesse de guerre, de conflit et de souffrance, des premiers chapitres de la Genèse aux dernières pages de l’Apocalypse. Les récits de violence sont souvent dérangeants, car ils exposent l'horreur des guerres. On y voit même Dieu dépeint comme un guerrier, ce qui soulève des questions profondes : pourquoi la guerre est-elle si présente dans notre histoire ? Le Dieu de la Bible est-il vraiment violent ou est-il aussi un Dieu de paix, d'amour et de miséricorde ?
Il est frappant de constater que toutes les religions prônent des idéaux de paix, mais chacune d’elles a son propre "Dieu de la guerre". Même notre propre culture vaudou n’échappe pas à cette dualité. Cela nous pousse à réfléchir à la complexité de la nature humaine et aux paradoxes qui émergent de notre quête de sens face à la violence.
La guerre semble faire partie de notre humanité, ancrée dans la nature même de tous les êtres qui partagent cet univers avec nous. Que ce soient des esprits, des humains, des animaux ou même de minuscules créatures, la lutte est un élément fondamental de la vie. Chaque être vivant aspire à sa propre autonomie et, sans cette liberté, cet élan devient inaccessible. Dans notre monde, il y a une règle implacable : chacun doit se battre pour survivre. Parfois, cette lutte se transforme en guerre, une réalité tragique qui nous rappelle à quel point notre quête de liberté et d'autonomie peut être difficile.
Pour ceux qui manquent de force physique, la ruse et l'intelligence deviennent des atouts précieux. Comme le dit un proverbe créole, « tout bèt jennen mòde » — chaque créature a son propre mécanisme de défense pour affronter les dangers de la vie. La lutte pour la survie est donc inscrite au cœur de notre existence.
Mais la guerre trouve également ses racines dans l'état de notre cœur. Le prophète Jérémie, avec une lucidité frappante, nous rappelle que notre cœur peut être trompeur et mauvais : « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant. Qui peut le connaître ? » (Jérémie 17:9). Les Évangiles rejoignent cette idée en affirmant que « c’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les vols, les calomnies » (Matthieu 15:19).
Cette réalité souligne l'importance de bâtir des sociétés et d'instaurer des lois, non seulement pour maintenir l'ordre, mais aussi pour protéger notre monde des dangers que le mal peut engendrer. Parfois, il est nécessaire de recourir à une forme de violence, même si cela peut sembler extrême, pour contrer certaines menaces. C’est pourquoi il appartient aux institutions de maintenir cet ordre, tout en respectant des lois. Après tout, il n'est pas simple de faire confiance à la nature humaine, même lorsque les intentions sont bonnes.
La Bible, en somme, est un projet profondément politique, un appel à construire un monde meilleur. Elle nous parle de la nécessité d’un gouvernement fort, non pas pour contrôler, mais pour instaurer la paix, la justice et la prospérité pour tous. À travers ses pages, une invitation nous est faite : celle de faire la paix avec Dieu, un pas essentiel qui a motivé la première venue du Christ.
Mais ce message ne s’arrête pas là. Il nous encourage aussi à cultiver des relations pacifiques entre nous. Dans un monde où le mal paraît parfois omniprésent, imaginer une véritable harmonie sans une force capable de contrer les injustices semble difficile. Le projet de la Bible se dessine clairement dans les paroles de l’apôtre Paul : « Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé en lui-même, pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre » (Éphésiens 1:9-10).
Imaginez un monde comme une jungle où chacun doit se défendre. C’est pourquoi chaque peuple ressent le besoin d’avoir une armée, non pas par désir de conquête, mais pour protéger son territoire et assurer la sécurité de ses citoyens. Lorsque la corruption s’installe, elle engendre des tensions et exacerbe les passions destructrices, compromettant ainsi non seulement le présent, mais aussi l'avenir de notre société.
Au fond, la recherche de paix et de justice que nous offre la Bible nous pousse à agir ensemble. C'est une belle invitation à veiller les uns sur les autres et à construire un avenir dans lequel chacun a la possibilité de s'épanouir. Pour y parvenir, il est essentiel d'avoir une autorité légitime et responsable qui guide nos efforts. Ceux qui croient aux promesses bibliques savent que le Christ reviendra et qu'il établira le gouvernement qui mettra fin à toutes les guerres.
« Le loup et l’agneau paîtront ensemble, le lion, comme le bœuf, mangera de la paille, et le serpent aura la poussière pour nourriture. Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte, dit l’Éternel. » (Ésaïe 65:25)
Pasteur Gersan Valcin
