Le pays est au paroxysme de l'insécurité publique. La zone métropolitaine est à 80% sous le contrôle des gangs armés. Au moins 1 408 personnes ont été tuées entre avril et juin 2026 seulement (BINUH-ONU, 2026). Des centaines d'institutions publiques et privées ont été détruites par la violence des gangs entre 2023 et 2025. Les bandits ne peuvent pas mettre la nation à genoux. Ayant fait plus de 45 morts, le dernier massacre de Kenscoff dans la nuit du 23 au 24 août 2026 est plus que pénible et révoltant.
Le pire ne serait qu'une guerre civile ou une violente invasion étrangère. Rappelons-le : ce sont les bandits qui créent la violence et l'insécurité publique.
Que veulent ces bandits? Souvent, nous croyons qu'ils sont plus que des bandits, avec des actions qui dépassent leurs potentialités et leurs ambitions. Qui est derrière eux? Qui alimente leur haine contre le pays? Il est impossible de concevoir que des Haïtiens dont l'avenir dépend du pays soient en train de détruire nos familles, nos institutions et tous ceux qui font l'espoir du pays.
En détruisant nos institutions publiques, les bandits veulent détruire l'État et le remplacer. Or, en aucun cas ils ne peuvent remplacer l'État. Ils doivent comprendre que leurs actions ne mèneront nulle part, sinon au vol, au pillage, au viol, au kidnapping, aux assassinats et aux massacres dont ils sont les auteurs. Compte tenu de ces violences, il ne peut y avoir aucun compromis avec les bandits pour le retour au calme.
La PNH doit elle-même vaincre les bandits et les mettre hors d'état de nuire pour que l'État reprenne ses droits et que le peuple retrouve sa tranquillité.
Tous les moyens, y compris spirituels, pour combattre les bandits sont disponibles dans le pays. Ces moyens sont nombreux en termes de ressources humaines, financières, légales ou extra-légales. Si nous n'y arrivons pas, c'est parce que dans l'État, dans la PNH même et dans la communauté internationale, il y a trop de complicités qui rendent les bandits plus puissants et aujourd'hui presque invincibles.
C'est une honte ultime que, dans la politique du pays, des officiels et des policiers soient de mèche avec les bandits pour ruiner tout un peuple. Leur place n'est assurément pas dans l'État, mais bien au sein des gangs eux-mêmes et derrière les barreaux.(Francisque, 2020).
Pour résoudre la crise sécuritaire avec plus de conviction et de détermination, il faut une opération nationale contre les bandits. C'est très possible si l'on se base sur la théorie du choix rationnel (Ganti, 2026). La sécurité du pays est primordiale. Sans être en mesure de produire la sécurité publique comme premier bien public, l'État a échoué. Il ne peut alors faire de la politique, délivrer la santé, l'éducation, ni créer un climat propice au fonctionnement de l'économie et des structures sociales (Rotberg, 2004, cité dans Moritz, 2013)
Pour produire la sécurité publique, la PNH doit rappeler la plupart des agents affectés dans les zones de non-conflit pour se concentrer dans les zones de conflit. Elle pourra ainsi poursuivre les bandits jusque dans leurs bases formelles et dans la brousse. Des armes peuvent être récupérées, tous leurs repères doivent être infiltrés et assiégés avant de poursuivre les opérations dans les zones avoisinantes.
Si ces opérations se révèlent peu efficaces, que tout le pays se lève comme un seul homme. Une campagne nationale d'urgence pour la sécurité publique doit être lancée par le biais du service militaire obligatoire et la formation d'un corps paramilitaire national organisé. Il existe de vaillants citoyens prêts à défendre le pays contre ces bandits qui nous font la guerre. Après avoir repris le contrôle sur les gangs armés, la PNH pourra procéder au désarmement et à la démobilisation de toute force paramilitaire et informelle.
Rhodner J. Orisma
Département de philosophie et science politique - IERAH-ISERSS, UEH
Références
1. BINUH-UN. (2026, août 25). Haiti intensifies its fight against gangs in the capital, but violence is gaining ground elsewhere. https://news.un.org/fr/story/2026/08/1159363. (consulté le 26 août 2026).
2. Francisque, J. (2020). Haiti: The Government of Gangs. https://www.connectas.org/especiales/haiti-el-gobierno-de-las-pandillas/fr/ (consulté le 26 août 2026).
3. Ganti,, A. (2026, avril 8). Understanding Rational Choice Theory: Principles and Applications. https://www.investopedia.com/ (consulté le 26 août 2026).
4. Moritz, J. (2013). The Concept of “State Failure” and Contemporary Security and Development Challenges. http://www.e-ir.info/2013/10/10/state-failure-and-its-use-for-understanding-contemporary-security-and-development-challenges/ (consulté le 27 août 2026).
