Le 27 et 28 février, un atelier de réflexion sur la participation politique des femmes s’est tenu au Complexe administratif de Hinche, réunissant plusieurs participantes issues de différentes zones. Organisée dans le cadre du projet «Vwa Fanm », cette initiative s’inscrit dans le programme Femmes pour la Paix, soutenu par ONU Femmes et le Fonds pour la consolidation de la paix. Animé de 9h00 à 14h00 par Me Lovely Jean-Louis, avocate internationale spécialisée en droits humains, et co-animé par Esperanta Biton. L’atelier a offert un espace d’échanges et de discussions autour des enjeux liés à la place des femmes dans la sphère politique.
Dans un contexte marqué par les fractures sociales et les violences structurelles, la parole des femmes apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel de transformation et de résilience. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le projet « Vwa Fanm », une initiative artistique et sociale qui place l’expression féminine au cœur d’un processus de libération, de création et de transmission. Le projet s’articule autour d’un travail en plusieurs phases, profondément participatif. À partir de questions initiales posées aux participantes, un espace de décharge émotionnelle et de partage d’expériences est mis en place par l’animatrice. Cet espace permet aux femmes de livrer leurs témoignages, leurs vécus, mais aussi leurs silences. Ces récits deviennent ensuite la matière première d’un texte en cours d’écriture par Guy Régis Jr, qui s’inspire directement des réponses et des témoignages recueillis. Ce texte n’est pas une fiction détachée, mais une écriture ancrée dans le réel, façonnée par la parole vivante des femmes.
Dans une deuxième étape, des ateliers de répétition sont organisés avec les participantes afin de travailler une lecture scénique du texte. Ce moment est crucial, il transforme la parole intime en parole publique, le vécu individuel en expérience collective. Le projet aboutit à une restitution publique, où les participantes interprètent elles-mêmes les textes, à la fois à la radio et devant un public. Ce passage de l’ombre à la lumière constitue un acte fort de réappropriation de soi et de visibilité sociale.
Le projet Vwa Fanm nan est financé par l’organisation OnuFemmes dans le cadre de son programme « Femmes pour la paix », avec l’appui de Peacebuilding Fund. Ce soutien souligne l’importance accordée à la parole des femmes dans les processus de consolidation de la paix. Par ailleurs, le projet est mené en étroite collaboration avec le Ministère à la Condition Féminine, qui joue un rôle déterminant dans la mobilisation des participantes, la mise à disposition des espaces pour les ateliers et les spectacles, et l’accompagnement à travers des facilitatrices de terrain, impliquées notamment dans les phases de décharge émotionnelle. Cette synergie institutionnelle et communautaire garantit un ancrage local fort et une meilleure appropriation du projet par les bénéficiaires. Le projet Vwa Fanm nan illustre avec force comment l’art, la parole et la mémoire peuvent devenir des outils de reconstruction individuelle et collective. En transformant les témoignages en création scénique, il donne aux femmes non seulement une voix, mais aussi une place. Dans une société en quête de justice et d’équilibre, ces initiatives rappellent que la paix durable ne peut se construire sans l’écoute, la reconnaissance et la participation active des femmes.
Saint Pierre John Stanley
