Dans un contexte de soutien renouvelé à l’économie haïtienne, la Chambre des représentants des États-Unis a adopté, le lundi 12 janvier 2026, à une large majorité bipartite (345 voix pour, 45 contre), la loi HR 6504 visant à prolonger les programmes HOPE/HELP. Ce vote marque une avancée décisive pour l’industrie textile haïtienne, pilier des exportations nationales et source majeure d’emplois.
Ces dispositifs permettent aux produits textiles et vêtements fabriqués en Haïti d’accéder au marché américain sans droits de douane. Un avantage stratégique, puisque ce secteur représente près de 90 % des exportations du pays et emploie des dizaines de milliers de travailleurs.
Le texte doit désormais être examiné par le Sénat américain. S’il est adopté, il prolongera rétroactivement les préférences commerciales jusqu’au 31 décembre 2028, renforçant ainsi la stabilité du secteur industriel haïtien et la confiance des investisseurs.
Pour l’économiste Joseph Arold Pierre, ce renouvellement constitue « une excellente nouvelle » pour Haïti. Il rappelle que, compte tenu du niveau élevé de taxation imposé par les États-Unis sur les produits textiles étrangers, l’exemption offerte par HOPE/HELP est vitale pour la compétitivité des exportations haïtiennes.
Cependant, il nuance cet enthousiasme en soulignant que cette loi s’inscrit dans une stratégie géopolitique plus large, initiée dans les années 1980 sous la présidence de Ronald Reagan, dans le cadre de l’Initiative pour la Caraïbe, visant à contrer l’influence soviétique dans la région. Aujourd’hui, ce levier économique s’inscrit dans un nouveau contexte de rivalités commerciales, notamment avec la Chine et le Venezuela.
De surcroît, l’économiste Joseph Arold Pierre pointe également la durée limitée de la prorogation. Selon lui, deux ans, ce n’est pas suffisant pour rassurer les investisseurs étrangers. Dans un pays en proie à une crise multiforme, l’incertitude sur la pérennité de ces avantages douaniers freine les décisions d’investissement à long terme.
En outre, l’économiste Joseph Arold Pierre insiste également sur le déséquilibre chronique entre les exportations et les importations. Alors que les exportations restent faibles, les importations atteignent environ deux milliards de dollars. « Sans cette loi HOPE/HELP, les exportations haïtiennes pourraient tout simplement disparaître », alerte-t-il.
Par conséquent, il appelle à une action concertée entre le ministère du Commerce, la diplomatie haïtienne et les acteurs du secteur privé pour maximiser les retombées de cette loi. La stabilité politique et un climat d’affaires favorable sont, selon lui, des conditions sine qua non pour attirer les capitaux étrangers.
Toutefois, le renouvellement de cette loi est aussi le fruit d’un intense travail diplomatique. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, a multiplié les démarches auprès des autorités américaines, des organisations de travailleurs et de l’Association des Industries d’Haïti (ADIH), tout en menant plusieurs missions à Washington, rencontrant des membres influents du Congrès pour plaider la cause haïtienne.
Le ministère du commerce et de l’industrie salue cette avancée majeure et réaffirme son engagement à soutenir le développement du secteur productif, à préserver l’emploi et à créer un environnement propice à l’investissement et à la croissance économique.
Likenton Joseph
