2024 : peut-on espérer ?

On ne va pas se voiler la face et se mettre à la langue de bois de nos politiciens en cette fin d’année de tous les dangers. Jamais la nation ne s’est portée aussi mal depuis des décennies. Si beaucoup de nos citoyens ont fait ce qu’ils appellent une cure de dignité avec le canal de Ouanaminthe, la réalité, elle, n’a pas évolué d’un pas pour même se détériorer dans tout le pays. Des territoires complets sont passés sous le contrôle des gangs et ceci à quelques kilomètres à peine de nos centres de pouvoir. Une centaine de milliers de jeunes ont quitté, pour ne pas dire, fuir le pays dans le cadre du Programme dit Biden et des dizaines de milliers d’autres attendent de partir. Les déplacements à l’intérieur du pays deviennent de plus en plus hasardeux pour les citoyens. La justice démontre chaque jour son incapacité à remplir sa mission tandis que la Police nationale se désintègre avec les départs de centaines policiers pour l’étranger et son infestation par les gangs eux-mêmes.

 

La situation économique est désastreuse. Beaucoup d’entreprises, même des centres universitaires, réfléchissent à fermer leurs portes si rien n’est fait pendant les premières semaines de 2024. Pendant ce temps, ce qu’on a coutume d’appeler la classe politique démontre avec une hargne incroyable son incapacité à manifester la moindre empathie avec les souffrances d’une population qu’elle a appris sans doute à ignorer, à mépriser. Ce que vit le peuple haïtien aurait dû forcer les politiciens de quelque camp qu’ils soient à trouver rapidement une solution pour que s’arrête cette comédie meurtrière. À accuser l’autre de tous les maux sans rien proposer et sans rien avoir en main pour faire avancer les choses, on ne fait que s’enfoncer dans les sables mouvants de la déchéance.

 

L’État haïtien a des comptes à rendre à ces centaines de milliers de citoyens qui ont perdu leurs biens, qui ont perdu leurs proches dans ces grandes actions terroristes exécutées par les gangs et commandités par des individus qu’il faudra absolument identifier et remettre à la justice. Il faudra des dédommagements. Il faut tracer un exemple pour que ceux qui viendront gouverner dans le futur sachent qu’ils payeront très chers pareilles forfaitures.

Cependant, par la force des choses 2024 ne peut être que l’année de l’espoir, l’année de la renaissance. Il est impossible que cette chute continue même si certains arguent qu’avec ce matériel humain aux commandes de l’État le pire est encore possible. Mais de plus en plus la population a le dos au mur. Et quand on a le dos au mur, on n’a plus que deux choix. Se laisser assassiner où faire face à ses agresseurs.

 

2024 doit en finir avec le mépris, la haine des autres et de soi. 2024 doit en finir avec l’arrogance qui est la marque de fabrique de tous ceux qui se trouvent en position de pouvoir. 

 

En 2024, nos filles et nos fils doivent brandir bien haut le flambeau de la compétence pour la renaissance haïtienne.

 

Nous avons trop pataugé dans la boue durant ces dernières décennies.

 

Gary Victor

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