Le Premier ministre Didier Fils-Aimé est rentré d’un périple de plusieurs jours à Washington, marqué par une série de rencontres à l’OEA, au Département d’État, à la Maison-Blanche et au Congrès américain.
Aucun communiqué conjoint n’a été publié ; seules des déclarations séparées ont été diffusées sur la plateforme X (anciennement Twitter). Il est donc difficile d’évaluer clairement la portée — succès ou échec — de cette mission. Les déclarations du Premier ministre n’ont rien apporté de réellement nouveau. On pourrait presque parler d’un non-événement.
Toutefois, un confrère a révélé que l’administration haïtienne a tout de même pu présenter sa vision pour les quelques mois qui lui restent. Une vision qui devrait nourrir le plan de l’OEA pour Haïti dans les mois à venir. L’OEA, tout comme la CARICOM, entendrait consulter d’autres partenaires engagés sur le terrain haïtien.
Toujours est-il que le chef du gouvernement a tenté une percée diplomatique dans l’une des capitales où se joue une partie du destin du monde. Il se murmure que les États-Unis seraient en train de réviser leur politique à l’égard d’Haïti. Dans ce contexte, cette visite pourrait contribuer à éclaircir les intentions américaines.
Entre-temps, le président colombien Gustavo Petro a effectué une visite éclair à Port-au-Prince. Là encore, c’est le flou total. Il ne s’agissait certainement pas d’une simple visite de courtoisie de la part du chef de l’État colombien, mais il demeure difficile, à ce jour, d’en mesurer la portée. Quelque chose semble avoir écourté son séjour initialement prévu pour deux jours.
Pendant ce temps, les souffrances s’accumulent. Et comme sœur Anne, nous ne voyons toujours rien venir.
Faut-il se résigner à cette diplomatie d’ombres et de silences ? Ou espérer qu’au détour de ces mouvements feutrés, se dessine enfin un engagement réel, à la hauteur des urgences haïtiennes ? En attendant, le pays demeure suspendu à des promesses qui tardent à se concrétiser.
Roody Edmé
