Les États-Unis ont frappé l’Iran. On ne connaît pas encore l’ensemble des objectifs de ces nouvelles frappes. Contrairement à celles de juin dernier, qui semblaient viser quelques sites nucléaires, l’opération de ce week-end paraît vouloir aller plus loin. Jusqu’où ? Cela reste un flou artistique.
Quoi qu’il en soit, les Américains se sont préparés à une campagne beaucoup plus longue, dans le cadre d’une guerre aux conséquences régionales. Les ripostes iraniennes se sont étendues aux bases américaines installées dans la région, et jusqu’en Israël. Ayant en tête les catastrophes irakienne et libyenne, les observateurs redoutent les pires scénarios.
La décision du président des États-Unis pourrait changer le visage d’une région stratégique pour l’économie mondiale, en raison de ses importantes réserves de pétrole. Sans oublier les épineuses questions religieuses, qui alimentent souvent les tensions dans la zone.
Donald Trump fera tout pour gagner une guerre particulièrement risquée, non seulement vis-à-vis de sa propre base électorale — pas vraiment va-t-en-guerre — mais aussi pour l’image d’une Amérique de plus en plus impériale. Son action peut toutefois susciter de la sympathie chez des centaines de milliers d’Iraniens, fatigués du régime des mollahs et des interminables sanctions internationales.
Il reste que l’opération « Fureur épique » est bardée d’incertitudes. On doute que le régime iranien, dans son ensemble, puisse changer à la seule force de bombardements aériens. Y a-t-il d’autres scénarios prévus ?
Entre-temps, la guerre est déclarée entre le Pakistan et l’Afghanistan. Le conflit ukrainien est loin de trouver une issue. En ce premier trimestre 2026, le monde expose dangereusement ses fractures.
Dans ce climat, il suffira d’un incident — une base touchée, un navire attaqué, un détroit sous tension — pour que la logique d’escalade prenne le pas sur la diplomatie, et que la planète découvre, une fois de plus, combien une guerre « limitée » peut cesser de l’être du jour au lendemain.
Roody Edmé
