Nous ne semblons pas disposés à nous préoccuper de l’état de la nation. Les petites macaqueries politiques haïtiennes continuent. Chacun à son poste tente de le garder en monopolisant le plus de pouvoir possible et en faisant comprendre à l’autre que son autorité n’est que factice. Dans cette petite guerre des petits hommes qui se pensent grands, on est prêt à livrer des populations en pâture à la délinquance.
Comment parviendra-t-on à venir à bout de cette mentalité alors qu’en face, la plupart de ceux qui gueulent sur les réseaux et dans l’opposition ne rêvent qu’à être au pouvoir pour reproduire les mêmes comportements ? C’est de ce «setoupamisme» dont certains en parlent et qui semble être la particularité principale de la politique en Haïti. Chak moun vle vin fé tou pa yo. Les rares citoyens honnêtes peuvent au plus servir de décoration encore que l’honnêteté et la compétence sentent mauvais aux narines de nos grands prédateurs. Ce sont des engeances qu’il faudrait éliminer, mais la déco est quelque peu nécessaire.
Pour en finir avec le «sétoupamisme», il faudrait qu’un exemple soit définitivement tracé. Les politiciens, l’État, doivent payer pour leurs rapines, leurs collusions avec la délinquance nationale et internationale. Nos quartiers rasés, pillés par les gangs souvent soutenus en sous-main par des politiciens, devraient servir à tracer cet exemple. Il faudrait que les citoyens de tous ces quartiers forment des comités pour assigner l’État haïtien et les politiciens en place durant ces époques pour incompétence, association de malfaiteurs et non-assistance à population en danger. Ces comités devraient recruter des avocats militants, intègres pour demander des dédommagements conséquents à l’État haïtien, ce qui devrait s’élever à plusieurs milliards de gourdes. Car, on ne s’y trompe pas. Ce même État qui a encouragé ce chaos, soit par complicité, soit par incompétence, voudra que ces centaines de milliers de citoyens paient des taxes sur les propriétés où ils ont été dépossédés par les gangs, leurs demeures pillées ou incendiées, sans compter les kidnappings, les viols, les meurtres. Comme quoi, la paix revenue, les citoyens se feraient une énième fois enculer par les politiciens.
Tout autant que les politiciens n’ont pas de compte à rendre à personne, le pays n’ira nulle part. L’occupation, la destruction de ces quartiers par les gangs devraient être l’occasion rêvée pour demander à l’État et aux politiciens des comptes. Il faut que tous ceux qui ont été aux timons des affaires paient pour ce qui est arrivé à Port-au-Prince, à Carrefour, à la Croix des Bouquets, dans l’Artibonite, au Plateau Central, à Kenscof, à Furcy.
À quoi va servir une nouvelle constitution quand les mêmes délinquants vont continuer à sévir à la direction du pays ?
Gary Victor
