Dans des expériences personnelles, comme dans des activités professionnelles et même dans les hautes sphères de la politique, depuis toujours, surtout en Haïti, l’intelligence, tout comme l’opposition, finit toujours par gagner.
De 1986 à nos jours, cette formule continue de suivre sa route, non pas dans les discours, mais surtout dans les intentions, les comportements et les actions manifestés en temps de paix comme en temps de crise.
D’un côté, on assiste à une forme de violence de l’intelligence et de l’autre côté, on revient sur le développement d’une forme d’intelligence de la violence en Haïti.
Chez les élites, toutes les catégories confondues, composées des personnes les mieux formées et les plus avancées au niveau des études supérieures, avec des expériences professionnelles souvent partagées entre les institutions locales et les organisations internationales, on assiste pourtant à l’application de cette forme de violence de l’intelligence.
Dans la présentation de certains services, en passant par l’importation de certains produits qui ne respectent pas toujours les normes, et parfois même qui portent les inscriptions « pour une consommation spécifiquement haïtienne », c’est comme une démarche qui traduit une forme de violence acceptée par l’ensemble des intelligences placées au sommet des plus importantes institutions étatiques, placées pour protéger et servir, instruire et garantir le meilleur niveau de vie à la population.
Dommage, que ce sont ces mêmes personnes, originaires de la province, qui une fois arrivées en poste, vont souvent négliger et oublier les besoins et les attentes de ces leurs zones d’origine, par ignorance (pardon), par la vengeance de cette forme d’intelligence amnésique, incapable de les rappeler, qu’il faudra tôt ou tard revenir à ses racines pour trouver l’énergie nécessaire après chaque combat, chaque bataille et chaque étape de la vie.
Devant un tel constat et par la force des choses, ces villes méprisées dans le budget d’investissement de la République de Port-au-Prince, et ces communautés marginales vont finir par s’habituer et s’adapter, pour mieux s’organiser dans l’assistance, venant parfois ou rarement de la capitale, tout en construisant cette nouvelle forme de vengeance de l’intelligence.
De la violence des élites contre l’intelligence des classes moyennes, ce sont les masses qui finiront un jour par se venger des deux autres, qui n’ont jamais tendu la main pour la sortir de la crasse. Et malheureusement, une fois arrivées au pouvoir, des masses sans intelligence ne disposent que de la violence comme seule boussole. Pour bâtir quoi véritablement, certainement pas des institutions encore moins une société équitable et prospère. Plus que jamais, l’intelligence, comme la violence, et même la vengeance, devrait changer de camp et de saison, pour que la vie reprenne à l’horizon.
La Rédaction
