Notre société est habituée malheureusement depuis des lustres à l’impunité résultante d’une gouvernance presque nulle et d’une corruption généralisée.
On ne cesserait pas de citer les cas de meurtres non résolus, pas classés, car, comme on a coutume de le répéter chez nous, l’enquête se poursuit.
Mais l’affaire de la destruction de la capitale non pas par un séisme, mais par une horde de délinquants, et le pillage de dizaines de milliers de maisons privées, d’institutions et de commerces ne peut pas entrer dans le cadre de l’habituelle impuissance pour ne pas dire de la démission si ce n’est de la complicité de la justice haïtienne.
Aucun dirigeant ne pourra prétendre gouverner si des mesures ne sont pas prises à la fois pour une estimation des pertes à la fois des familles, des institutions, des commerces et de l’État lui-même. L’estimation de ces pertes doit aller de pair avec l’identification des coupables de cette attaque vicieuse dont le but est de mettre à genou la nation. L’État, dont la principale fonction est de protéger le territoire, les vies et les biens s’est retrouvé totalement défaillant, presque complice dans cette criminelle entreprise où sont impliquées certainement des mains étrangères.
Si la nation ferme les yeux sur ce qui s’est passé, sur la gestion ignominieuse de nos dirigeants durant ces dernières années, on ouvre grande la voie à une délinquance encore plus violente, plus sournoise, plus inacceptable. On verra arriver triomphalement au pouvoir des imposteurs, des criminels qui livreront le pays totalement à ces intérêts qui ont constamment appuyé, nourri, ce chaos si bénéfique à de nombreux secteurs.
On devra se rappeler que beaucoup d’officines en Occident rêvent de recolonisation. On n’a qu’à identifier les nations qui se sont abstenues lors du vote devant déclarer l’esclavage crime contre l’humanité. L’Empire, Israël et l’Argentine ont voté contre. C’est une menace que tous les vrais dirigeants du Sud ne devraient pas ignorer. Tout ceci pour faire comprendre que la perpétuation du chaos obéit à une politique qui vise à détruire notre pays et à le mettre sous la coupe de barbares prêts à ramper devant les étrangers que l’on connait.
En luttant pour la fin de l’impunité dans notre pays, il faut donc élargir le concept. L’État haïtien ne pourra pas faire l’économie du dédommagement de la population. Non seulement il a failli à sa tâche, il est soupçonné de complicité, de collusion avec des criminels. Beaucoup de nos dirigeants devraient être poursuivis pour haute trahison. Sans cela, ce pays continuera sur des béquilles jusqu’à ce qu’il s’effondre totalement.
Gary Victor
