Dans une note datée de 1er février 2020, le Core Group a exprimé son soutien à la tentative de dialogue — Conférence politique pour une sortie de crise — réalisée à la Nonciature apostolique les 30 et 31 janvier. La coalition des ambassadeurs de certains pays représentés en Haïti se dit prête à appuyer toute initiative de dialogue constructif.
Muet depuis l’aggravation de la crise sociopolitique et économique en septembre 2019, le Core Group sort enfin de son silence pour exprimer leur position sur la situation actuelle du pays. Dans une courte note publiée le 1er février, le Core Group, composé des ambassadeurs d’Allemagne, du Brésil, du Canada, des États-Unis d’Amérique, de France, de l’Union européenne et le représentant spécial de l’OEA, manifeste ses sympathies à l’endroit du Nonce apostolique et son équipe pour avoir accueillir cette tentative de dialogue de nommée : « Conférence politique pour une sortie de crise », qui a rassemblé des acteurs politiques haïtiens sous l’observation du représentant de la BINUH et de l’OEA.
Même si cette tentative de dialogue n’a pas donné les résultats escomptés, le Core Group veut continuer à appuyer toute initiative constructive de dialogue offrant une perspective réelle de résolution de la crise politique et institutionnelle dans laquelle Haïti demeure prolongé. Tout en réitérant leur soutien aux institutions de l’État et au peuple haïtien, les pays membres de cette coalition appellent l’ensemble de la classe politique et de la société haïtienne à prendre leurs responsabilités face aux défis auxquels le pays est confronté.
Très présent dans ses prises de position dans le paysage politique haïtien, le Core Group occupe une place importante dans l’opinion politique. Le Core Group n’a pas rendu public de notes depuis des mois sur la crise qui sévit le pays. Il se limite à rencontrer des acteurs haïtiens en privé. En fait, les pays faisant partie du Core Group sont accusés, par l’opposition, de soutenir le pouvoir en place malgré les différents rapports des institutions haïtiennes indexant des autorités, dont le président Jovenel Moise, dans des gabegies administratives et des tueries perpétrées sur des membres de la population civile des quartiers populeux.
Le pays attend les effets de cette dernière note du Core Group. Les protagonistes engagés dans le dialogue à la Nonciature apostolique n’arrivent pas à s’entendre autour d’un accord politique capable d’apporter une réponse à la crise actuelle. Toutefois, les pays représentés dans le Core Group veulent continuer à supporter les initiatives de dialogue entre acteurs haïtiens. Néanmoins, des groupes politiques haïtiens de l’opposition estiment, de bon ton, qu’on doit résister à toute influence étrangère, dont celle du Core Group, dans la recherche de solution à la crise haïtienne.
Woovins St Phard
