Parmi les jeunes acteurs qui réfléchissent à l’avenir politique du pays, Peterson Paraison plaide pour l’organisation d’élections modernes et inclusives en Haïti. Dans cette perspective, il propose Haïvote comme un outil majeur capable de moderniser le système de vote et d’assurer une participation plus large de la population aux prochaines échéances électorales.
L'idée de ce projet est arrivée dans un contexte où le système électoral haïtien est pratiquement à l’arrêt depuis plusieurs années. Les dernières élections remontent à 2016 et, comme plusieurs scrutins auparavant, elles ont été marquées par des accusations de fraude, une méfiance croissante de la population envers les élus et un faible taux de participation. À titre d’exemple, l’ancien président Jovenel Moïse avait été élu avec environ 500 000 voix, alors que le pays compte plusieurs millions d’électeurs potentiels.
Pour répondre à ces difficultés, Peterson Paraison propose, à travers Haïvote, un système de vote électronique sécurisé, accessible via téléphone mobile, une borne numérique sécurisée ou encore un centre communautaire connecté. Selon lui, il s’agit d’une solution réaliste, moderne et audacieuse.
« Le projet Haïvote propose de répondre à ces défis en permettant à chaque citoyen de voter en toute sécurité, sans avoir à se déplacer dans les zones à risque, tout en garantissant la confidentialité, la transparence et la vérifiabilité du processus électoral. L’objectif de ce projet pilote est de démontrer qu’un vote fiable, équitable et sécurisé est possible en Haïti grâce à la technologie, à la formation et à la participation citoyenne. Ce système contribuera à restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions publiques, tout en protégeant la vie des électeurs dans un environnement marqué par la peur et l’insécurité », explique-t-il.
Dans cette optique, ce projet se veut un véritable levier pour garantir des élections libres, honnêtes et transparentes dans le pays. Il vise à renforcer la démocratie tout en assurant un vote rapide, sûr et vérifiable. Parallèlement, il entend doter les autorités publiques d’un outil permettant de favoriser l’inclusion électorale de toutes les catégories de citoyens : personnes âgées, jeunes, analphabètes ou habitants des zones reculées.
Par ce projet qu'il veut à tout prix concrétiser, Paraison offre le système Haïvote sous la forme d’une application mobile destinée aux smartphones, mais il est également conçu pour être utilisé par des personnes n’ayant pas nécessairement accès à Internet. La plateforme comprendra un portail web destiné aux électeurs et aux observateurs, un serveur sécurisé avec base de données cryptée, ainsi que des bornes de vote électronique pour les zones éloignées où l’accès aux téléphones intelligents demeure limité.
Dans son fonctionnement, le système va permettre d’identifier l’électeur à partir de son Numéro d’identification nationale unique (NINU). Une fois identifié, l’utilisateur pourra voter à partir d’un téléphone, d’une tablette ou d’une borne électronique. Immédiatement après le vote, une transmission chiffrée des données sera effectuée, garantissant un stockage sécurisé sur un serveur utilisant la technologie blockchain. Cette architecture permettra également une vérification en temps réel afin d’éviter toute duplication ou fraude électorale.
Plus loin, Peterson Paraison met en avant un modèle technologique conçu pour garantir sécurité et transparence. Les votes demeurent anonymes, tandis que les observateurs disposent de mécanismes permettant d’effectuer des audits et de mener des enquêtes de traçabilité sur le système.
Lorsqu’un utilisateur accède à la plateforme, l’ensemble des candidats apparaît à l’écran, du niveau présidentiel jusqu’aux postes des collectivités territoriales. Les électeurs peuvent également identifier les candidats appartenant à un même parti politique. Toutefois, chacun ne peut voter que pour les candidats correspondant à sa circonscription ou à sa localité d’enregistrement.
Pour voter, l’électeur doit saisir son numéro d’identification. Le système vérifie alors la validité de la carte et détermine la localisation géographique de l’électeur afin de l’orienter vers les scrutins correspondant à sa zone. Afin de renforcer la sécurité, chaque carte d’identité nationale ne peut être utilisée qu’une seule fois. Les votes demeurent anonymes, même si le système reconnaît le numéro d’identification. Les résultats sont ensuite compilés par bureau de vote et par circonscription, sans révéler l’identité des électeurs.
Il convient également de souligner que la plateforme peut gérer plus de 350 partis politiques, chacun disposant d’un espace regroupant l’ensemble de ses candidats à tous les niveaux électifs. Pour les Haïtiens vivant dans la diaspora, Haïvote prévoit un cadre spécifique d’inscription basé sur le passeport, la carte d’identité nationale ou le NINU, avec validation par l’ambassade ou le consulat le plus proche.
À travers cette initiative, les promoteurs du système souhaitent favoriser une participation massive des Haïtiens aux élections, renforcer les liens entre les différentes couches de la société et instaurer une dynamique de confiance et de transparence dans le processus électoral.
Enfin, Peterson Paraison se dit ouvert à la mise en place de partenariats stratégiques avec les membres du gouvernement, les acteurs du secteur public et privé, les ambassades et consulats, ainsi que les entreprises spécialisées dans les technologies et la cybersécurité électorale. Selon lui, il s’agit avant tout d’un projet pilote qu’il souhaite expérimenter avec les différents acteurs nationaux afin d’en évaluer la pertinence et l’efficacité dans le contexte haïtien où la modernité et le passage au numérique demeure essentielle.
Oberde Charles
