Alors que le président Donald Trump a décrété des restrictions sévères à l’encontre des ressortissants de douze pays, dont Haïti, limitant considérablement leur possibilité d’entrer sur le territoire américain. Cette mesure, justifiée par des préoccupations de sécurité nationale et un manque de coopération migratoire, entrera en vigueur dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 juin 2025.
En effet, lors d’une interview accordée au journal Le National, ce jeudi 5 juin 2025, M. Pierre Antoine Louis, est revenu sur les critères ayant conduit à l’ajout d’Haïti sur cette liste controversée. Selon lui, plusieurs facteurs ont été déterminants dans la décision de l’administration Trump.
« L’État haïtien n’a actuellement pas la capacité de déployer des forces de sécurité sur l’ensemble de son territoire, ce qui laisse place à une forte insécurité et à la prolifération d’actes terroristes. De plus, un pourcentage important de ressortissants haïtiens en possession de visas B1 et B2 estimé à plus de 38 % restent sur le sol américain au-delà de la durée autorisée », a précisé M. Louis.
Il a également évoqué les difficultés du pays en matière de délivrance de documents identitaires, ainsi que le non-respect présumé des conditions de certains programmes humanitaires américains, dont celui de l’administration Biden. « Tous ces éléments ont été considérés par le président Trump comme des signes de non-coopération. », dit-il.
La décision ne concerne toutefois pas tous les Haïtiens. Sont exemptés de cette interdiction les diplomates, les résidents permanents, ainsi que les personnes déjà détentrices d’un visa valide. En revanche, aucun nouveau visa ne sera délivré pour le moment aux ressortissants haïtiens, sauf changement de situation, ou pour de rares cas, ajoute t-il.
Suivant lui, le président américain a laissé entendre que cette mesure pourrait être levée, à condition qu’Haïti fournisse des garanties sérieuses dans un délai de 90 jours. Un rapport du secrétaire d’État américain est attendu pour évaluer les progrès réalisés. Faute de quoi, Washington menace de renforcer encore davantage les restrictions.
Face à cette décision jugée pénalisante, M. Pierre Antoine Louis appelle le ministère haïtien des Affaires étrangères à agir rapidement. Il recommande notamment un dialogue immédiat avec le chef de mission des États-Unis en Haïti afin de clarifier les conditions d’application de la mesure et de s’assurer que les détenteurs actuels de visas pourront voyager sans encombre.
Vladimir Predvil
