La déportation pourrait être l’ultime issue possible dans le dossier de l’homme d’affaires Pierre Réginald Boulos, selon le diplomate Pierre Antoine Louis, qui estime que les autorités américaines pourraient avoir gain de cause.
Pierre Réginald Boulos, arrêté le jeudi 17 juillet 2025 par des agents de l’immigration américaine (ICE), a comparu ce jeudi 31 juillet, devant le juge fédéral Jorge Pereira, au centre de détention de l’ICE, à Miami. Lors de cette séance, l’avocat de la défense avait introduit une requête sollicitant sa libération sous caution. Une demande que le magistrat a rejetée.
Le magistrat a décidé de maintenir M. Boulos en détention, affirmant que les conditions ne sont pas réunies pour une remise en liberté provisoire. Par ailleurs, le juge Pereira a annoncé qu’une nouvelle audition est fixée au 26 août prochain, laissant entendre que le dossier reste en instruction active.
Me Pierre Antoine Louis, estime que l’on doit s’attendre à ce que le magistrat du tribunal de l’immigration accorde toute la déférence possible à la position du gouvernement des États-Unis, même en dépit de toutes les explications que les avocats de Boulos pourraient fournir pour sa défense.
« J’estime que l’issue sera plus probable en faveur de la requête du gouvernement américain, ce qui signifie que, normalement selon la loi, le Dr Pierre Réginald Boulos devrait être déporté vers Haïti », dit-il.
Cependant, il n’écarte pas la possibilité pour les avocats de la défense d’avoir recours à la cour d’appel. « Il a le droit d’appel auprès du Conseil d’appel en immigration, mais je pense que même à ce niveau M. Boulos aurait bien de la peine à avoir gain de cause. Si je m’en tiens au dernier communiqué de l’ICE, je pense que le gouvernement devrait avoir gain de cause. Tôt ou tard, les USA devront pouvoir le rapatrier vers Haïti », soutient-il.
Par ailleurs, en ce qui concerne le protocole adopté pour donner suite aux dossiers des personnes rapatriées pour leur implication dans la détérioration du climat sécuritaire, il pense qu’il serait mieux pour la justice haïtienne de constituer un dossier contre les déportés, pour voir s’il y a lieu de les poursuivre, en lieu et place de toute arrestation et détention.
« Il faut un contrôle au niveau de la Direction Centrale de la Police Judiciaire pour savoir s’il n’y a pas de plaintes contre ces derniers ; consulter leurs casiers judiciaires. S’il n’y a pas de preuves, ils pourront regagner leurs familles », estime M. Louis.
Il soutient que cette nouvelle disposition contient des problèmes de fond, particulièrement dans le cas du Dr Pierre Réginald Boulos, qui n’a été jugé coupable ni par Haïti ni par les États-Unis pour une quelconque infraction. Il précise que la procédure de déportation est une procédure strictement civile et que son contenu ne permettrait pas aux autorités de détenir M. Boulos.
Par contre, il préconise que le parquet peut mettre M. Boulos en examen comme tout autre citoyen épinglé aux USA, mais il ne pourra pas le détenir pour des allégations avancées par les autorités américaines, qui ne sont que des motifs pour justifier leur décision de déporter M. Boulos.
Sheelove Semexant
