Dans le souci de mieux orienter la société haïtienne sur l’utilisation de l’intelligence artificielle, la Banque interaméricaine de développement (BID), en partenariat avec Banj et différentes autres institutions partenaires, a lancé ce mercredi 11 mars 2026 à Port-au-Prince, Pro AI, un programme qui s’étendra sur trois ans afin de former, sensibiliser et créer une communauté capable de mieux utiliser les outils d’intelligence artificielle en Haïti. Cette initiative réunira des acteurs de divers secteurs, dont des universitaires, des développeurs, ainsi que des représentants du secteur public et privé.
Selon la représentante de la BID en Haïti, Corinne Cathala, à travers ce programme mis en place par la BID et qui sera propulsé par Banj, l’objectif est d’exploiter l’intelligence artificielle pour transformer Haïti et créer un écosystème technologique durable. Dans ce sens, elle indique que ce programme s’inscrit dans le plan stratégique de développement du pays à l’horizon 2030. Ainsi, plusieurs actions ont déjà été engagées dans le département du Nord et des soutiens ont été accordés, en vue des efforts de modernisation et de transformation numérique, notamment au niveau de l’administration publique.
Ainsi, le programme Pro AI se repose sur trois piliers. Le premier concerne la formation dans le domaine de l’intelligence artificielle pour les développeurs, les entreprises du secteur privé, les agents de l’administration publique et les universitaires. Le deuxième pilier est axé sur le renforcement de l’écosystème technologique et de l’innovation en Haïti. Enfin, le troisième porte sur la sensibilisation et la communication autour de l’intelligence artificielle.
« Le programme contribuera à développer les compétences locales, encourager le dialogue sur les politiques liées à l’IA, mais aussi à construire un écosystème technologique plus inclusif. La collaboration entre les institutions publiques, les institutions privées et les experts de la diaspora permettra également de partager les connaissances et de renforcer les capacités du pays. Ce projet représente pour nous bien plus qu’un simple partenariat. C’est une opportunité de construire un écosystème capable de mettre l’intelligence artificielle au service de la société haïtienne. Je suis convaincue que l’IA peut devenir un véritable catalyseur pour une nouvelle ère de progrès en Haïti, car les bénéfices de cette technologie doivent profiter à toutes les couches de la société : les jeunes, les femmes et les entrepreneurs », a souligné Mme Cathala.
De son côté, le PDG de Banj, Marc Alain Boucicault, a évoqué ce projet qui devrait orienter de nombreux jeunes et projets entrepreneuriaux, tout en les intégrant dans l’écosystème numérique. Ainsi, il a indiqué qu’à travers les différentes activités prévues dans ce programme, de véritables bases seront posées afin qu’Haïti s’inscrive dans la dynamique des nouvelles technologies, notamment par la formation des jeunes.
Parallèlement, il a rappelé l’engagement que Banj s’est donné depuis près de dix ans, consistant à travailler avec des jeunes entrepreneurs et des entreprises sur divers projets d’innovation, non seulement en Haïti mais également dans plusieurs pays à travers le monde.
À travers le projet Haïti Pro AI, le coordonnateur du projet, Bloody Bordenave, a annoncé que plus d’une centaine de professionnels issus de plusieurs secteurs seront formés dans le domaine de l’intelligence artificielle. Le programme prévoit également de sensibiliser plus de cinq millions de personnes à travers le pays. Par ailleurs, il sera question de constituer un réseau et de doter le pays d’une feuille de route visant à orienter le cadre de gouvernance et les politiques publiques liées à l’évolution de l’intelligence artificielle en Haïti.
Selon le responsable, Haïti ne doit pas seulement entendre parler de l’intelligence artificielle ; sa pratique doit devenir effective dans la société.
Dans un cadre assez sélectif, ces programmes de formation en IA permettront à 60 développeurs, 30 représentants du secteur privé, 10 fonctionnaires et 25 jeunes universitaires de bénéficier d’une formation sur les modules suivants :
Principes fondamentaux de l’IA et cas d’utilisation appliqués
IA générative et outils de productivité
Éthique, risques et IA responsable
Mise en œuvre de l’IA dans les organisations publiques et privées
Expérimentation pratique et apprentissage par projet
Sur une période de trois ans, le programme garantira la formation, la sensibilisation et l’établissement d’un réseau Pro IA regroupant des acteurs à travers tout le pays. Au final, il est également prévu la mise en place d’un cadre de consultation multipartite axé sur les politiques publiques, assorti de recommandations visant à guider l’application et la gouvernance de l’intelligence artificielle en Haïti, à travers une communauté de pratique.
Selon la BID et ses partenaires, l’intelligence artificielle doit devenir une réalité permettant à Haïti de découvrir et d’exploiter pleinement son potentiel dans les domaines politique et économique.
Oberde Charles
