Alors que le contexte sécuritaire du pays reste préoccupant, la Banque de la République d’Haïti (BRH) lance un double appel à la vigilance, tant à l’endroit du public que des institutions financières. Cette mise en garde intervient dans un climat marqué par la désignation, par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) des États-Unis et le Conseil de sécurité de l’ONU, des groupes armés haïtiens comme organisations terroristes.
Dans cet avis publié le 29 juillet 2025, la BRH informe le public qu’un ensemble de publicités circulant actuellement sur diverses plateformes incite les citoyens à effectuer des transactions financières avec des opérateurs non autorisés. La Banque centrale rappelle que seuls les établissements légalement agréés à savoir les banques, les maisons de transfert et les Fournisseurs de Services de Paiement Électronique sont habilités à fournir des services de transfert d’argent et de paiement mobile, conformément à la réglementation en vigueur, notamment le décret du 6 juillet 1989, modifié en 2020, et la circulaire #121.
À cet effet, la BRH met en garde contre les risques encourus par les usagers qui auraient recours à des services offerts par des entités non reconnues. « Ces pratiques sont non seulement illégales, mais elles exposent également les consommateurs à des pertes financières. La liste officielle des opérateurs autorisés est consultable sur le site de la BRH (www.brh.ht). », lit-on.
Mesures renforcées contre le financement du terrorisme
Dans le même avis, la BRH s’adresse directement aux institutions financières, leur demandant de renforcer leur vigilance à la suite des sanctions internationales visant plusieurs groupes armés haïtiens, désormais classés comme « organisations terroristes étrangères » et « terroristes mondiaux ». Les institutions sont ainsi appelées à : intensifier la surveillance des transactions. Détecter d’éventuelles tentatives d’infiltration du système financier par des individus ou entités désignés, réaliser des vérifications poussées.
Et enfin, signaler sans délai toute activité suspecte à l’Unité Centrale de Renseignement Financier (UCREF). Réévaluer la probité des sous-agents affiliés. Maintenir une collaboration étroite avec les partenaires étrangers. Ces mesures visent à protéger l’intégrité du système financier haïtien et à prévenir toute forme d’utilisation abusive à des fins criminelles ou terroristes, conclut la BRH.
Vladimir Predvil
