La capitale haïtienne continue de s’enfoncer dans le chaos. Des zones entières de Port-au-Prince et de ses environs Solino, Nazon, Bas-Delmas, Martissant, Pernier, Carrefour-Feuilles, entre autres sont aujourd’hui réduites en ruines par les assauts répétés des gangs armés. Des maisons incendiées, des familles déplacées, des quartiers désertés la population, livrée à elle-même, ne sait plus à quel saint se vouer.
En effet, malgré l’ampleur des ravages, les autorités peinent à réagir. Aucune mesure concrète n’a été prise pour reprendre le contrôle de ces territoires. De plus, la Police nationale d’Haïti et le gouvernement se contentent de déclarations d’intention, pendant que les bandes criminelles continuent d’imposer leur loi.
Par ailleurs, dans ce climat d’incertitude, la coalition criminelle Viv Ansanm a récemment surpris l’opinion publique en lançant un message de paix. Elle a invité les habitants à regagner leurs maisons abandonnées, suscitant chez certains un mince espoir de retour. Mais face à cet appel, la PNH a immédiatement réagi : « Ne retournez pas chez vous ». Dans une déclaration diffusée samedi 30 août 2025, l’institution a mis en garde la population contre ce qu’elle considère comme un piège tendu par les bandits.
« Le retour des déplacés ne pourra se faire qu’avec des garanties de sécurité offertes par l’État et les forces de l’ordre », a rappelé la PNH, soulignant que les membres de Viv Ansanm sont des terroristes recherchés tant au niveau national qu’international.
« Meurtres, incendies, pillages et destructions massives. Des milliers de familles ont dû fuir, laissant derrière elles des biens détruits ou volés. Quelques-uns ont tenté de revenir ces dernières semaines, constatant l’ampleur des dégâts. Des maisons calcinées, des rues désertées et un climat de peur toujours présent. »
À cela s’ajoutent les changements successifs opérés dans les rangs de la PNH, qui traduisent une instabilité persistante au sommet de l’institution. Malgré ces remaniements, les résultats tardent à se faire sentir sur le terrain, et l’insécurité continue de ronger la capitale.
Vladimir Predvil
