Environ 553 séismes ont été enregistrés au cours de l'année 2025, selon le bilan sismique de l'Unité technique de sismologie (UTS) du Bureau des mines et de l'énergie (BME), qui exhorte la population à prendre conscience de ce phénomène naturel.
12 janvier 2010 - 12 janvier 2025, quinze ans après le passage du grand tremblement dévastateur de magnitude 7,3 sur l'échelle de Richter, causant la mort de près de 280 000 personnes, 300 000 blessés, 1,3 million de sans-abri et la destruction de milliers d'infrastructures. La population semble être dans l'ignorance concernant les dangers liés à cette catastrophe naturelle et aucune disposition n'a été prise pour de nouvelles normes de construction.
Les données sismiques de 2025 du Bureau des mines et de l'énergie révèlent une fois de plus les menaces constantes de tremblements de terre qui planent sur tous les départements géographiques du pays. Pas moins de 553 séismes ont été enregistrés au cours de l'année précédente, avec en moyenne 46 tremblements mensuels, suivant le bilan qui stipule que le nombre de séismes a été plus élevé au cours des mois de mai et d'août, avec 60 secousses observées pour chacun de ces mois. Précisant que, contrairement à l'année précédente qui en a connu 628, cela dénote une diminution de 75 secousses, soit 12 % par rapport à 2024.
Néanmoins, les séismes ont été mineurs et légers, avec une magnitude comprise entre 0,2 et 4,2. « Les magnitudes inférieures ou égales à 3 sont au nombre de 503 et représentent 90,9 % des séismes de l'année. Les 50 séismes restants (9 %) ont des magnitudes variant entre 3,1 et 4,2. La plus grande magnitude pour l'année 2025 a été de 4,2 ; elle est survenue le 23 août dans le Nord-Ouest, en mer, au large de Jean-Rabel », lit-on dans le document.
Le nombre de séismes enregistrés en mer pour l'année s'élève à environ 206, soit 37,25 %, avec une forte concentration autour de la presqu'île du Nord-Ouest. « Les séismes survenus en mer sont susceptibles de provoquer des tsunamis lorsque les conditions sont réunies : magnitude supérieure à 6,5, profondeur inférieure à 50 km, failles en mer », souligne le Bureau des mines.
De plus, les séismes enregistrés à une profondeur inférieure ou égale à 10 km sont au nombre de 263, soit 47,5 %. Ils sont qualifiés de superficiels, car ils se produisent dans la partie la plus superficielle de la croûte terrestre ; leur impact en surface est plus perceptible que ceux localisés à une grande profondeur.
Les régions les plus touchées, par ordre décroissant, montrent que l'Ouest, les Nippes et le Nord-Ouest sont les plus frappés. Les chiffres respectifs font état de 138 secousses, soit 24,9 %, 115 secousses, soit 20,7 %, et 102 secousses, soit 18,4 %. Alors qu'en 2024, ils totalisaient 395 secousses sur 628, soit 59 %, cette année, ils totalisent 355 secousses sur 553, soit 64 % des secousses de l'année. Les départements les moins secoués ont été le Centre, le Nord et le Nord-Est, qui n'ont connu au total que 31 secousses sur les 553, soit 5,6 %.
Fort de ces constats, le Bureau des mines appelle la population haïtienne à prendre davantage conscience de ce phénomène naturel, à travailler sans relâche à la sauvegarde de l'environnement du pays et à s'efforcer toujours de le placer sur la voie de la sécurité sismique en construisant mieux et en appliquant les consignes de la Protection civile.
Sheelove Semexant
