Fòs Chanjman Nasyonal (FCN) a organisé une conférence de presse afin de présenter sa position face à la crise multidimensionnelle que traverse actuellement Haïti, tout en formulant des propositions en faveur d’une transition inclusive, souveraine et pacifique.
Le secrétaire général de la FCN, Jean Junior Rémy, a ouvert les interventions en dressant un constat sévère de la gestion du Conseil présidentiel de transition (CPT). Selon lui, cette structure a échoué dans sa mission et n’a pas su répondre aux attentes du peuple haïtien. À cet effet, il a exigé le départ du CPT à la tête du pays le 6 février prochain à 23 heures, 59 minutes et 59 secondes.
Il a précisé que cette échéance constitue une ligne rouge politique et institutionnelle qui doit être respectée sans ambiguïté.
« Cette date doit être respectée. Le CPT a déjà gaspillé 22 mois au détriment du pays. Cela ne peut plus durer. Aujourd’hui, transition et corruption ne font qu’un en Haïti », a déclaré Jean Junior Rémy.
Il a averti qu’au-delà de cette date, les membres du CPT ne disposeraient plus d’aucune légitimité politique ou institutionnelle. Il a par ailleurs exhorté les membres du CPT à ne pas aggraver davantage la situation du pays, déjà marquée par de profondes difficultés. Il a également mis en garde contre toute tentative de prolongation ou de crispation politique susceptible d’aggraver les tensions sociales.
Il a souligné que tous les acteurs politiques, sociaux et institutionnels doivent prendre leurs responsabilités, se réunir et travailler ensemble afin de trouver une solution durable pour remplacer le CPT. Il les a invités à s’unir autour d’une seule proposition. Selon la FCN, cette démarche doit impérativement s’inscrire dans un large consensus national, respectueux de la souveraineté populaire.
La FCN réclame l’organisation d’élections cette année, des élections libres, inclusives et crédibles, accompagnées d’un dialogue national devant conduire à l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Le parti a également insisté sur la nécessité d’éviter tout vide institutionnel après le 7 février et de prévenir toute dérive vers le désordre et la violence.
De son côté, le président de la Fòs Chanjman Nasyonal, Auguste D’Meza, s’est exprimé avec émotion sur la situation catastrophique que traverse Haïti. Il a souligné que la population est à bout de ses souffrances, confrontée quotidiennement à l’insécurité, aux problèmes du système éducatif, aux dysfonctionnements gouvernementaux et à une crise sanitaire persistante, entre autres. Il a rappelé que la colère populaire constitue un avertissement historique qu’il ne faut pas ignorer.
Auguste D’Meza a appelé chaque Haïtien à prendre position pour l’avenir du pays.
Il a notamment souligné l’importance de l’implication de la jeunesse dans toutes les décisions engageant l’avenir national. Selon lui, il est urgent de créer un large mouvement fondé sur la culture haïtienne, la solidarité, l’esprit de konbit et l’amour du prochain.
Cette mobilisation citoyenne est indispensable pour restaurer la confiance entre l’État et la population.
Enfin, la FCN a précisé qu’elle ne soutient aucune personne en particulier, mais plaide en faveur d’une transition bicéphale, capable de répondre aux aspirations du peuple haïtien. Cette transition devrait être conduite par des femmes et des hommes honnêtes, compétents et responsables, afin de préparer le retour à l’ordre constitutionnel.
Sorah Schamma Joseph
