La structure socio-politique Éveil Grand Sud salue la désignation du magistrat Jean Joseph Lebrun comme principal dirigeant pour mener la transition en remplacement du Conseil présidentiel de transition. Elle appelle les autres secteurs à rejoindre l’Initiative du 24 avril dans cette démarche visant à éviter le chaos au lendemain du 7 février prochain.
Les réactions sont mitigées concernant le processus utilisé pour choisir le président de la Cour de cassation pour diriger la transition politique, organiser les élections et permettre au pays de retrouver la voie de la démocratie. Éveil Grand Sud, l’une des parties prenantes des groupements et regroupements politiques à l’origine de cette initiative, se réjouit de cette démarche, tandis que d’autres critiquent le processus.
Le coordonnateur d’Éveil Grand Sud, Charlot Murat, rapporte que l’Initiative du 24 avril s’est entretenue pendant de longues heures avec les juges de la Cour, notamment le magistrat Lebrun, pour les convaincre de prendre la tête de la transition, conformément aux prescrits de la Constitution qui régit les méthodes de gouvernance en cas de vacance institutionnelle. « Le magistrat Jean Joseph Lebrun nous a beaucoup interrogés avant de donner son aval », dit-il.
M. Murat rejette d’un revers de main les allégations laissant entendre que ce choix ne serait pas issu d’un consensus. Il souligne que plusieurs regroupements, partis et groupes politiques se sont réunis dimanche dernier pour nommer la commission chargée de cette désignation et que cette démarche respecte l’esprit du dialogue en cours ainsi que les principes d’une entente nationale inclusive, nécessaires dans le contexte de la crise multidimensionnelle que traverse le pays.
L’entrepreneur affirme que le cadre reste ouvert à d’autres groupements et personnalités qui souhaitent les rejoindre, tout en annonçant des discussions avec les membres du Conseil présidentiel de transition et du gouvernement afin d’assurer la passation du pouvoir le 7 février prochain.
Parallèlement, le Consensus Politique pour le Redressement National et la Réorientation de la Transition (CPRNRT) est monté au créneau face à la désignation jugée expéditive de Jean Joseph Lebrun, président de la Cour de cassation, comme président de la transition, affirmant que cette démarche ne respecte ni l’esprit du dialogue en cours ni les principes d’un consensus national inclusif, nécessaires dans le contexte de la crise actuelle.
Le CPRNRT réaffirme sa volonté de poursuivre les discussions avec l’ensemble des forces politiques, économiques et sociales du pays, en vue de dégager une solution de sortie de crise légitime, conforme aux aspirations du peuple haïtien et respectueuse des principes démocratiques. Selon les responsables, toute solution imposée de manière unilatérale risque d’aggraver la méfiance entre les acteurs et de compromettre les efforts visant à restaurer la stabilité institutionnelle et la confiance populaire.
Sheelove Semexant
