Le Ministère à la Condition féminine et aux droits de la femme (MCFDF) a commémoré, ce vendredi 6 mars 2026, la Journée internationale des droits des femmes à l’hôtel Montana, autour du thème international : « Droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles », et du thème national : « Fanm ak tifi dwe jwi dwa yo epi jwenn jistis san fòs kote ».
Cette cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, de la conseillère électorale, Yves Marie Édouard, de la représentante d’ONU Femmes, Marie Goretti Nduwayo, du représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en Haïti et chef du BINUH, Carlos Gabriel Ruiz Massieu Aguirre, ainsi que de nombreuses organisations de femmes et organisations féministes.
Dans son allocution, la ministre Du MCFDF a réaffirmé la volonté de son ministère de poursuivre ses efforts afin de renforcer les mécanismes de protection des femmes et des filles victimes de violences, d’améliorer l’accès à l’assistance juridique et aux services d’accompagnement, et de promouvoir la participation des femmes dans les institutions publiques ainsi que dans les espaces de décision.
Par ailleurs, le ministère s’engage à mener un plaidoyer auprès du CSPJ et du gouvernement afin de favoriser une plus grande intégration des femmes juges au sein du système judiciaire, estimant que la présence des femmes dans la magistrature est essentielle pour renforcer l’équité et la confiance dans la justice.
« Promouvoir l'accès des femmes à la magistrature c'est aussi contribuer à bâtir une justice plus équilibrée, plus inclusive, et plus proche des réalités de la population », a-t-elle souligné.
De son côté, la conseillère électorale Yves Marie Édouard a rappelé que les femmes disposent du droit de vote, du droit d’être candidates ainsi que de l’accès aux espaces de décision, des droits garantis par les textes fondamentaux du pays et qui ne doivent être soumis à aucune condition.
Elle a souligné la nécessité d’éliminer les barrières structurelles, financières et sécuritaires qui empêchent les femmes de participer pleinement à la vie politique.
Elle a également évoqué plusieurs mesures nécessaires, notamment la formation du personnel électoral sur les questions d’égalité et de non-discrimination, l’obligation pour les partis politiques de respecter le principe de représentation équilibrée entre femmes et hommes, ainsi que la mise en place de mécanismes concrets de protection pour les femmes candidates contre la violence et les pressions.
Pour sa part, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a déclaré que la force d’Haïti repose en grande partie sur les femmes haïtiennes, présentes au cœur de la nation, tant dans la lutte pour la liberté que dans les efforts de reconstruction du pays.
Il a souligné que les femmes constituent l’un des principaux piliers de la République. À ce titre, la protection des femmes et des filles représente une priorité nationale pour le gouvernement.
L’État s’engage ainsi à renforcer l’application des lois sanctionnant les violences faites aux femmes, notamment les violences sexuelles et celles basées sur le genre.
Dans cette perspective, le gouvernement prévoit de créer et de renforcer des brigades spécialisées ainsi que des centres d’accueil destinés aux victimes.
Des instructions ont déjà été données à la Police nationale d’Haïti (PNH) afin d’intensifier les efforts dans la lutte contre toutes les formes de violence, en particulier les violences sexuelles et les violences basées sur le genre.
Les cellules spécialisées devront accélérer le traitement des dossiers, et aucune plainte ne sera classée sans qu’une enquête sérieuse et approfondie ne soit menée.
Par ailleurs, le gouvernement travaille à renforcer l’accès des femmes vulnérables à l’assistance juridique afin de leur permettre d’obtenir justice.
Les magistrats, policiers et autres acteurs du système judiciaire bénéficieront également de formations visant à améliorer la prise en charge des victimes dans le respect, le professionnalisme et la dignité.
En outre, le gouvernement s’engage à soutenir l’autonomie économique des femmes et à encourager l’éducation des filles, tout en intégrant la question de l’égalité entre les sexes dans les politiques publiques.
Enfin, le gouvernement a rappelé que la dignité, la sécurité et les droits des femmes sont garantis par la loi et ne sauraient être négociables.
Un appel a également été lancé aux hommes : la lutte pour les droits des femmes n’est pas un combat contre les hommes, mais un engagement collectif pour construire une société plus juste.
Modeline Youte
