L'Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a organisé conjointement avec Nègès Mawon, ce vendredi 6 mars 2026, une causerie en prélude à la journée internationale des droits des femmes, sous le thème: « transparence et redevabilité : pour une protection effective des droits des Femmes et des Filles par l'action anticorruption ».
Cette journée d'échanges a réuni diverses organisations de défense des droits des femmes, des organismes féminins et féministes, des acteurs œuvrant dans la protection des droits de la personne humaine entre autres. Trois groupes de panélistes ont agité les débats autour de la protection des femmes et des filles face aux obstacles liés à la corruption à travers les mécanismes de redevabilité, de la gouvernance transparente et leadership féminin: comment renforcer la redevabilité institutionnelle pour garantir l'équité de genre et la violence institutionnelle et politique : obstacles à l'acte équitable au service public et à la participation des femmes dans les politiques publiques.
Dans son allocution de circonstance, le directeur général de l'ULCC, Jacques Hans Ludwig Joseph, a précisé que ce moment en plus qu'une causerie, il s'agira de moments intenses de communion et de partage de valeur autour de la problématique l'émancipation des femmes en Haïti. Arguant que cette causerie met en scène des femmes brillantes et qualifiées, choisies avec soin et exigence pour partager leur expertise, leurs expériences, leurs propositions et résolutions dans l'objectif de contribuer à éradiquer la corruption.
« Nous portons le désir de saisir cette opportunité pour continuer d'alerter et sensibiliser l'opinion sur effet pour le moins désastreux de la corruption sur la vie des femmes et l'avenir des filles, saisir de cette occasion pour donner la parole de décrire une réalité qui s'aggrave continuellement, exprime cette compréhension partagée qui montre que la corruption n'est pas abstraite, elle a des conséquences réelles, concrètes et impactantes sur l'affirmation, le bien-être de toutes catégories sociales et humaines, notamment les femmes et les enfants », a-t-il souligné.
Me Joseph rappelle que la corruption est une arme secrète, silencieuse mais puissante qui s'opposent à la réalisation des droits de femmes. Indiquant que la sextortion devient de plus en plus courante dans l'administration publique. « La dernière enquête diagnostic sur la gouvernance et la corruption révèle la présence de corruption sexuellement coercitive et judiciaire touchant surtout les femmes dans leurs interactions dans l'administration publique et les services de justice. Près de la moitié des femmes issues de ménages rapportent avoir subi une exploitation sexuelle en échange de services tandis que 50 à 52 pour cent évoquent le harcèlement et la discrimination dans les décisions et 49 pour cent indiquent un accès réduit aux opportunités techniques », a-t-il informé.
Il affirme que ces chiffres expliquent que la corruption se veut être un danger pour la sécurité, la dignité et pour l'égalité des femme, un constat alarmant qui mérite une prise en charge urgente, un redressement par des mesures durables en liens avec les réformes législatives, sociales et institutionnelles. Car, la sextortion a de lourdes conséquences sur la gent féminine. Les conséquences à long terme peuvent être dévastatrices et donc irréparables.
Le défenseur farouche de la transparence appelle les responsables de l'État à sanctionner les coupables et protéger les victimes. Tout en remerciant les partenaires qui ont contribué à rendre possible cette journée d'échanges.
Présent à ce débat, le protecteur du citoyen et de la citoyenne, maître Jean Wilner Morin, a mis en exergue l'impact de la corruption sur la société en particulier sur des femmes. Il salue l'engagement des femmes dans la lutte contre la corruption et encourage la création des projets de lois relatifs à la protection des lanceurs d'alertes contre la violation des droits humains.
De son côté, la directrice générale, du ministère à la condition féminine et aux droits des femmes, Sandy François, a déploré le nombre de déplacement massifs des femmes en raison de la violence des gangs. Les femmes payent de leurs corps le prix de la guerre, le viol utilisé comme arme de domination dans cette escalade de violences, dit-elle.
Elle informe que les axes prioritaires du ministère sont les suivantes: documenter et rendre visible les violences subies, plaidoyer pour la participation des femmes dans toutes les instances de décision liées aux réponses humaines et aux processus de reconstruction, exiger la transparence dans la gestion des ressources destinée aux femmes vulnérables, renforcer les mécanismes de signalement et de protection dans les zones les plus affectés par la violence et construire des alliances fortes entre les institutions publiques.
Elle encourage les femmes victimes à dénoncer les bourreaux. En réaffirmant l'engagement du ministère de continuer à porter la voix de celles qui sont trop souvent réduites au silence.
La représentante de Nègès Mawon à cette activité, Carline Sévère, réitère la détermination de la structure à faire de la transparence et de la redevabilité des normes de protection parce que la corruption fragilise les institutions et prive les citoyennes de service essentiels. Elle rappelle le rôle de la société civile qui consiste à surveiller l'utilisation des fonds publics, dénoncer les pratiques de corruption, protéger les mécanismes de contrôle participatif où les citoyens devient acteur de la transparence. Et plaide en faveur la mise en place des mécanismes clair de gestion des ressources, le renforcement les droits anti-corruption et garantir leur application sans discrimination.
Des représentants de l'ambassade du Canada, Zoulfia Chougatova et l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), l'ONUC, Adrian Banu, ont souligné l'importance de la promotion des droits des femmes. Ils renouvellent leur détermination à soutenir toute initiative visant à combattre la violence sexuelle et appuyer les organisations de femmes qui travaillent à la promotion et l'autonomisation des femmes.
Sheelove Semexant
