Une étude internationale conduite au Cap-Haïtien met en évidence une vulnérabilité préoccupante des femmes haïtiennes face au cancer, tout en esquissant les contours d’une recherche biomédicale plus structurée dans le pays.
Menée du 17 au 22 mars 2026, à la suite d’un cycle de formation virtuelle organisé entre le 11 février et le 13 mars, cette initiative s’inscrit dans le cadre du Réseau unicellulaire afro-caribéen (CZI), en partenariat avec le Sylvester Comprehensive Cancer Center de l’Université de Miami. Elle est pilotée en Haïti par le Dr Joseph Bernard Jr., directeur exécutif de la clinique du cancer de Saint-François de Sales, et coordonnée à l’international par la professeure Sophia H. L. George.
Au cœur du dispositif, l’hôpital ASEBED/C3G du Cap-Haïtien sert de principal site de recrutement, de prise en charge et de collecte de données. À ce jour, 82 participants ont été enrôlés dans cette recherche qui combine analyses biologiques et enquêtes approfondies sur les déterminants sociaux et environnementaux de santé.
Les premiers constats suscitent l’inquiétude. « Les femmes haïtiennes développent des cancers à un âge plus précoce et sous des formes plus agressives », indique le Dr Maurice Chéry Jr., évoquant également des taux de mortalité plus élevés.
Pour les chercheurs, ces résultats traduisent une interaction complexe entre facteurs génétiques, environnementaux et accès aux soins. « Cette recherche vise à améliorer le diagnostic précoce et la prise en charge du cancer en Haïti », souligne le Dr Joseph Bernard Jr.
Au-delà des conclusions attendues, cette étude ambitionne de positionner Haïti dans les dynamiques émergentes de la génomique du cancer, en particulier dans le domaine de la génomique unicellulaire. Dans un système de santé encore fragile, elle pourrait ouvrir la voie à une meilleure production de données locales et à un renforcement des capacités nationales.
Hervé Delima
