Lors d’une réunion à la Primature ce lundi 23 mars, le chef du gouvernement a réaffirmé, une fois de plus, que des élections seront organisées dans le pays. Cette rencontre a réuni notamment le président du CEP, ainsi que des partenaires techniques et financiers tels que le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS) et Organisation des États américains (OEA).
L’objectif de cette réunion avec les différents partenaires était la présentation du budget des prochaines élections prévues pour l’année 2026. Selon le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, les élections constituent un enjeu fondamental pour la nation, alors que les dernières activités électorales remontent à 2016. Ainsi, depuis dix ans, la population n’a pas eu l’occasion de choisir ses représentants aux différents niveaux de l’État. « Depuis le 7 février 2026, Haïti est engagée dans une nouvelle phase de transition, structurée autour d’une feuille de route claire : le rétablissement de la sécurité, le redressement économique et l’organisation d’élections générales », a déclaré le locataire de la Primature, tout en saluant les avancées enregistrées dans le processus électoral, avec 320 partis déjà inscrits.
Alix Didier Fils-Aimé a également salué le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, qu’il considère comme une étape importante pour le bon déroulement de la transition, dans un contexte où la stabilité demeure une nécessité urgente pour la population. Il a précisé que ce pacte repose sur le renforcement de la sécurité, l’amélioration des conditions de vie, le renforcement des institutions et de la Constitution, ainsi que la professionnalisation du système électoral.
Pour assurer le bon déroulement du processus, le Premier ministre a annoncé la mise en place prochaine d’une task force nationale chargée de coordonner toutes les activités liées aux élections. Cette structure travaillera de concert avec le CEP afin de respecter les normes constitutionnelles, d’anticiper les risques et de surmonter les obstacles susceptibles d’entraver l’avancement du processus électoral.
Selon le chef du gouvernement, il ne fait aucun doute que les élections se tiendront en 2026. Dans cette perspective, devant les acteurs nationaux et internationaux, il a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à garantir la sécurité dans le pays. Il a également rappelé les responsabilités de chaque acteur : le CEP doit tout mettre en œuvre pour organiser les élections, tandis que le gouvernement doit assurer les conditions nécessaires à leur réalisation.
De manière générale, les échanges ont été riches entre les différents acteurs autour de l’organisation des prochaines élections. Pour l’instant, ni le gouvernement ni le CEP n’ont clairement défini le montant exact du budget nécessaire. Toutefois, selon le CEP, plusieurs millions sont déjà disponibles à travers le Basket Fund, un mécanisme de financement spécifiquement dédié aux élections.
Entre-temps, les doutes persistent chez de nombreux acteurs politiques et observateurs. Des représentants de partis et d’organisations politiques estiment que des mesures immédiates doivent être prises pour rétablir la sécurité et apaiser le climat social afin de regagner la confiance de la population. Dans le même temps, certains se montrent pessimistes. Ils considèrent que ces prochaines élections risquent de ne pas mobiliser un grand nombre d’électeurs, compte tenu du contexte de crise prolongée et du manque de confiance envers les acteurs politiques.
