Un mois après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient qui a de sérieuses répercussions sur la distribution de l’or noir dans le monde, le gouvernement haïtien peine à s’y conformer. Dans une circulaire en date du 31 mars, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé annonce diverses mesures visant à réduire le train de vie de l’État. Une série de décisions qui, selon lui, visent à garantir la stabilité économique du pays.
À travers cette circulaire, l’État entend tout mettre en œuvre pour préserver et garantir la stabilité, tout en continuant à servir la population, à fournir les services sociaux de base, tout en tenant compte de sa capacité d’intervention, notamment dans le domaine de la sécurité, et en posant des actions pour relancer l’économie.
Parmi les mesures adoptées, le gouvernement interdit à l’administration publique de se procurer de nouveaux véhicules. Dans le même temps, les crédits liés aux dépenses de carburant des institutions publiques seront revus à la baisse, et les concernés sont tenus de limiter leurs déplacements. Pour les voyages à l’étranger des officiels de l’État, seuls les cadres concernés seront autorisés à se déplacer, et ces missions devront recevoir l’autorisation du Premier ministre. Quant aux escortes des personnalités publiques, en cas de nécessité, elles devront être limitées à un seul véhicule. Selon le document, ces mesures sont valables jusqu’à nouvel ordre.
Toutefois, au sein de l’opinion publique, les réactions ont déjà commencé. Certains citoyens estiment qu’il s’agit d’une bonne initiative visant à réduire le train de vie de l’État, soulignant souvent les pratiques de gaspillage, de corruption et de mauvaise gouvernance. Dans le même temps, au niveau de l’administration publique, plusieurs institutions rappellent qu’elles faisaient déjà face à des problèmes de véhicules à la suite de décisions prises par l’État visant à vendre les voitures en circulation depuis environ huit ans. Selon un responsable d’un bureau concerné, certains véhicules ont été vendus sans être remplacés. Cette décision a fait que plusieurs institutions se sont retrouvées sans moyens de transport. Ainsi, ils estiment que l’interdiction d’acquérir de nouveaux véhicules à travers cette circulaire pourrait compliquer le fonctionnement de certains services.
Par ailleurs, les avis sont partagés sur la logique du gouvernement concernant l’augmentation du prix du carburant. De nombreux observateurs dénoncent les dirigeants qui n’ont jamais révisé à la baisse les prix des produits pétroliers sur le marché local, alors même que les prix avaient considérablement chuté sur le marché international. Du côté des autorités, elles affirment ne pas pouvoir continuer à subventionner le carburant, alors que le prix du baril a augmenté de plus de 20 % sur le marché mondial depuis le 28 février 2026. Dans ce contexte, le conseil consultatif installé le dimanche 29 mars, composé de représentants syndicaux, de l’État et de certains membres du secteur privé, aura pour mission de fixer les prix du carburant, avec l’obligation de les ajuster à la baisse lorsque cela se produira sur le marché international.
Oberde Charles
