Le pays est en pleine semaine sainte. Un peu partout, les gens se préparent à la célébration de la résurrection du Christ. En cette période, certains produits sont plus consommés.
Mais cette année, les commerçantes affirment que les ventes ne décollent pas. Les produits restent longtemps sur leurs étals.
Normalement, durant la période pascale, les commerçantes de vivres alimentaires, de poisson, entre autres, sont souvent sollicitées. Mais c’est le désespoir total sur le visage de ces dernières.
Elles se confient, se plaignant de ne rien vendre.
« Je viens ici parce que je ne veux pas rester chez moi. J’ai des responsabilités, mais les ventes ne sont pas bonnes. J’ai ces pommes de terre depuis 22 jours, elles ne se vendent pas », déclare, d’une voix remplie d’émotion, une commerçante.
« La poussière nous envahit sur la route. Les gens voudraient acheter, mais ils semblent ne pas avoir d’argent. La situation est difficile pour nous », ajoute une autre.
Elles essaient d’expliquer tant bien que mal ce qui, selon elles, est à la base de cette situation et pointent du doigt le problème du transport des villes de province vers la capitale.
« C’est une situation compliquée. Tout le monde n’a pas les moyens de payer les énormes frais réclamés dans certaines zones où il y a des postes de péage, ou encore de payer le transport par bateau », affirme une marchande de poisson.
Mais il y a aussi le phénomène d’insécurité qui diminue considérablement le nombre de marchés dans la capitale.
Un peu plus loin, certaines pensent que trop de personnes ont quitté le pays.
Ces vendeuses, qui sont pour la plupart des mères avec de lourdes
responsabilités, appellent les autorités à agir afin de leur faciliter la vie. Elles demandent notamment des actions concrètes, comme la facilitation du transport des marchandises en provenance des villes de province. Cependant, d’autres commerçantes, en revanche, ne croient tout simplement pas que les autorités aient la volonté de leur venir en aide.
Le constat reste donc préoccupant dans les marchés en cette Semaine sainte. Entre la baisse du pouvoir d’achat et les difficultés d’approvisionnement, la table des ménagères peine à retrouver son dynamisme habituel. Une situation qui risque d’impacter non seulement les commerçantes, mais aussi les traditions culinaires fortement ancrées dans nos mœurs
Sorah Schamma Joseph
