Une conférence-débat est organisée ce vendredi 24 avril 2026 par la Plate-forme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains - POHDH autour du thème : « Kriz sosyopolitik, Dwa Travay ak Dwa lamanjay nan peyi Dayiti, ki defi pou sektè agrikòl la ? » Une activité qui vise à discuter et analyser les défis auxquels le pays est confronté, notamment la situation de violence et d’insécurité en Haïti.
En effet, depuis des années Haïti fait face à des crises pluridimensionnelles qui affectent la majorité de la population. Dans ce contexte, la POHDH se dit préoccupée par l'absence de politique économique et agricole dans le pays, une situation qui aggrave la crise.
Face à cette situation, le responsable du programme et de recherche de la POHDH, Missindor Petit-Homme, a fait savoir que le 17 avril a une grande importance pour le pays. Il a marqué la lutte des paysans, une date qui a une grande valeur pour la POHDH.
M. Petit-Homme évoque que le secteur agricole est le principal levier qui soutient le droit à l’alimentation en Haïti, dans un moment où le droit à l’alimentation est menacé, en raison d’un secteur agricole qui ne soutient plus le pays comme il le faisait auparavant.
Selon lui, cette situation n’est pas une situation parachutée, mais plutôt le résultat des choix politiques et économiques qui ont conduit à cette circonstance, ainsi que des projets, soit au niveau national soit international, qui visaient à détruire l’agriculture dans le pays.
« Il y a également des personnalités multinationales qui manifestent leur intérêt dans la destruction de la base de l’agriculture. Cette mesure nous préoccupe au niveau de la POHDH, autour de la combinaison de la violence et de l’insécurité, de concert avec des défis qui existaient déjà dans le secteur agricole, ce qui conduit à une décadence grave dans la production agricole », a affirmé le responsable.
Plus loin, il a souligné que la moitié des habitants souffrent d’insécurité alimentaire. Ce sont les conséquences directes de cette décadence, notamment les violences armées dans la région de l’Artibonite. D’après cette situation, selon lui, cette situation menace les droits fondamentaux des citoyens.
« Face à cette situation, nous mettons l’État devant ses obligations de résoudre non seulement l’insécurité et la violence qui mettent en péril la production agricole, mais aussi d’adresser les défis structurels », a-t-il conclu.
De son côté, le secrétaire exécutif de la POHDH, M. Alermy Piervilus, a critiqué la décision du gouvernement d’augmenter le prix du carburant, une mesure qui rend la situation de la population encore plus difficile dans le pays. Il a déclaré que la POHDH soutient pleinement les mouvements des ouvriers et ouvrières dans les différentes usines du pays, qui réclament de meilleures conditions de travail ainsi qu’un salaire capable de répondre à leurs besoins essentiels.
Plus loin, il a dénoncé le gouvernement qui n’a pas montré de réelle préoccupation face à la situation que vit la population dans le pays.
Par rapport à la montée des forces de gangs sur le territoire haïtien, le secrétaire exécutif de la POHDH, M. Piervilus, a déclaré qu’il ne croit pas que les forces onusiennes aient pour objectif réel de résoudre l’insécurité.
Il rappelle que ce n’est pas la première fois que ces forces interviennent sans apporter de solution durable. Au contraire, la crise sécuritaire prend chaque jour une nouvelle dimension.
Pour lui, l’État doit prendre des dispositions concrètes et faire preuve de volonté afin de résoudre la crise de l’insécurité, notamment à travers des institutions locales chargées de cette mission, telles que les forces armées d’Haïti et la Police nationale d’Haïti.
Yasmine Sanon
