Une enquête menée par l’Observatoire de la Jeunesse Haïtienne entre décembre 2025 et mars 2026 met en lumière une faible prise en compte des jeunes dans le décret électoral. Intitulée " Enquête sur la perception des organisations de jeunes sur la participation politique des jeunes dans le décret électoral ".
Les résultats ont été présentés ce lundi 27 avril 2026 lors d’un atelier baptisé « Atelier de la jeunesse haïtienne sur le décret électoral », organisé en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). L’activité a également servi de cadre de discussion autour de la participation des jeunes au processus électoral.
L’atelier a réuni une vingtaine de jeunes, chacun représentant une structure. Il s’inscrit dans une démarche plus large visant à consulter, dans un premier temps, les organisations de jeunesse, puis les partis politiques, la société civile et le secteur des affaires, et se fera sur une durée de trois jours .L’objectif final est de soumettre à la Primature et au Conseil électoral provisoire un document de propositions visant à enrichir le décret électoral et à favoriser une meilleure intégration des jeunes dans le processus.
Selon le secrétaire général de l’Observatoire, Stanley Augustin, plus des trois quarts des jeunes estiment qu’aucune disposition du décret électoral ne facilite réellement leur participation. Il souligne que, tout comme des mesures existent en faveur des femmes et des personnes vivant avec un handicap, des dispositions similaires pourraient être envisagées pour les jeunes.
Parmi les pistes évoquées figurent notamment la réduction des frais d’inscription pour les partis politiques présentant des candidats jeunes âgés de 25 à 35 ans à la députation, l’encouragement à une plus forte représentation des jeunes au Sénat, ainsi que des mécanismes de financement électoral adaptés. « Ce sont des propositions issues de notre enquête ou suggérées par les jeunes eux-mêmes pour favoriser leur intégration », a précisé Stanley Augustin.
Il insiste également sur le fait qu’une forte participation des jeunes est essentielle pour garantir la légitimité des futurs élus.
Le coordonnateur de l’atelier souligne par ailleurs que cette initiative a permis de mesurer l’intérêt des jeunes pour la gestion des affaires publiques, tout en enrichissant les propositions issues de l’enquête. Il estime qu’il est temps d’organiser des élections afin de permettre l’émergence de nouveaux acteurs et de favoriser un réel changement, notamment en offrant aux jeunes un espace de décision.
De son côté, Noel Risnold, coordonnateur de l’organisation Ayiti Gen Moun, a salué cette initiative. Selon lui, l’enquête met en évidence non seulement le nombre de jeunes intéressés par les élections, mais aussi ceux qui restent hésitants à intégrer le système.
Sorah Schamma Joseph
