Alors que le gouvernement haïtien envisagerait de remanier le Conseil Électoral Provisoire (CEP), le leader du parti politique UNIR, Clarens Renois, lance une mise en garde contre toute tentative de « replâtrage » de l’institution. Selon lui, un tel remaniement viserait à retarder les scrutins et à prolonger indéfiniment la transition politique, au détriment de la légitimité démocratique.
Par ailleurs, Clarens Renois souligne que les transitions répétées depuis plus de cinq ans fragilisent la stabilité démocratique et favorisent la corruption. Tout en reconnaissant l’impossibilité technique d’organiser au grand complet des élections cette année en raison de l’insécurité persistante et du manque de financement, il exige l’établissement immédiat d’un calendrier électoral rigoureux. L’objectif, insiste-t-il, est de restaurer une alternance politique crédible et de permettre l’émergence d’une nouvelle classe dirigeante intègre.
Le dirigeant d’UNIR dénonce la transition actuelle comme un « piège politique » qui entretient l’instabilité et empêche le développement du pays. Il rappelle que l’ancien Premier ministre Ariel Henry est resté 33 mois au pouvoir sans jamais concrétiser ses promesses électorales. En l’absence d’élus et de mécanismes de contrôle, la transition favorise, selon lui, le désordre administratif et la corruption.
À cet effet, Clarens Renois met également en garde contre les manœuvres du gouvernement visant à contrôler ou modifier le CEP, estimant qu’elles ne feront qu’aggraver la crise. Il appelle à mettre fin aux interférences politiques et à garantir l’autonomie du Conseil afin d’organiser des élections crédibles. Pour lui, seul un retour à l’ordre constitutionnel et un calendrier électoral clair permettront de sortir Haïti du cycle de crises et d’insécurité.
Likenton Joseph
