Alors que le gouvernement avait annoncé avoir trouvé un compromis avec le Conseil électoral provisoire et des partis politiques autour du décret électoral du 2 juin 2026, une large coalition de partis et d’organisations sociales a réagi avec fermeté ce samedi 4 juillet 2026, au communiqué du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé. Les signataires de cette mise au point affirment n’avoir jamais été associés à aucune consultation sur le nouveau décret électoral modifié par le gouvernement.
Selon ce communiqué officiel, « le Gouvernement, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) et les représentants des partis politiques, groupements et regroupements politiques ont tenu plusieurs séances de travail consacrées à l’examen approfondi du décret électoral ». Les signataires de la mise au point contestent cette version des faits.
En outre, ils affirment qu’« à aucun moment » ils n’ont été conviés à participer à des consultations ni à formuler des observations sur le décret. Ils rejettent catégoriquement les affirmations gouvernementales, qu’ils jugent trompeuses pour l’opinion publique nationale et les partenaires internationaux, à la veille de la 51e Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CARICOM prévue à Sainte-Lucie du 5 au 8 juillet 2026.
Une concertation jugée « restreinte »
Par ailleurs, ces organisations politiques reconnaissent que des rencontres ont eu lieu entre le CEP, le gouvernement et un groupe restreint de moins d’une dizaine d’organisations politiques réputées proches du pouvoir. Mais elles estiment que ces échanges « en cercle fermé » ne sauraient être assimilés à une véritable consultation nationale ni refléter la position des plus de deux cents partis et organisations sociales du pays.
Toutefois, la déclaration souligne que cette coalition, constituée autour du pouvoir en place, ne représente en rien la diversité des forces politiques et sociales. Ces dernières continuent d’exprimer leurs préoccupations sur le manque d’inclusivité du processus électoral, l’absence de garanties de transparence et la dégradation des conditions de vie de la population.
Pour les signataires, le communiqué gouvernemental illustre une fois de plus les déséquilibres du processus électoral. En privilégiant un cercle partisan au détriment d’un dialogue inclusif, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé « renforce les inquiétudes quant à la crédibilité des prochaines échéances électorales ». Ils rappellent que le peuple haïtien demeure confronté à l’insécurité des groupes armés, à l’effondrement économique et au chaos humanitaire.
Parmi les personnalités politiques et organisations ayant apposé leur signature figurent notamment le leaders du parti politique (EDE) Claude Joseph, Wadner Edouard pour (RDNP), Marcel Lumérant (KID), Jean Michel Lapin (Nouvelle Orientation), André Michel (SDP), Kenold Mathieu (Veye Yo), Francenet Denius (Debout Citoyen), Marie Denise Claude (Groupe d’opposition des anciens signataires du Pacte), Patrick Sully W. Joseph (COPPOS-Haïti et Alliés), Wuilson Joseph (COREPAD/PEA) entre autres.
Cette liste illustre l’ampleur de la contestation et la diversité des sensibilités politiques mobilisées contre ce qu’elles considèrent comme une « manipulation » du processus électoral.
Likenton Joseph
