À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des coopératives, le samedi 4 juillet 2026, l’accent a été mis sur le rôle essentiel que jouent les coopératives dans le développement économique et social du pays, notamment dans la promotion de la paix, de l’inclusion financière et de la solidarité. Parmi les institutions mises en avant figure l’Urgence Caisse d’Épargne et de Crédit (UCEC), une institution financière communautaire basée à Pétion-Ville, qui s’apprête à célébrer ses 25 ans d’existence. Elle a profité de cette occasion pour partager son expérience au sein de la communauté.
Depuis sa création, l’UCEC s’est construite sur des principes fondamentaux de solidarité et de participation. À ses débuts, en 2002, l’institution ne comptait que 26 sociétaires ayant mobilisé un capital initial de 65 000 gourdes. Près d’un quart de siècle plus tard, la coopérative affiche une croissance remarquable avec plus de 17 000 membres et un capital dépassant les 500 millions de gourdes. Cette progression témoigne de la confiance de la communauté ainsi que de la qualité de la gestion de l’institution.
Dans une interview accordée à Radio Télé Pacific, le directeur général de l’UCEC, M. Jacquet Jean Fritzner, a mis en avant les principales réalisations de la caisse au service de la population. Il a souligné que l’UCEC ne se limite pas à être un simple espace d’épargne, mais constitue également un véritable levier de financement pour de nombreux projets de vie. La coopérative offre divers types de crédits, notamment pour le logement, la production, la construction ainsi que le financement d’activités commerciales. Ces services permettent à de nombreuses familles d’améliorer leurs conditions de vie tout en soutenant les entrepreneurs dans le développement de leurs activités économiques.
M. Jacquet a également insisté sur l’importance de l’éthique dans la gestion des coopératives. Selon lui, la transparence, la loyauté et la sincérité doivent être au cœur des actions des acteurs du secteur. Il estime que seules ces bonnes pratiques permettront d’améliorer l’image du secteur coopératif et de renforcer la confiance du public.
Dans une perspective d’avenir, le responsable de l’UCEC a lancé un appel aux autorités étatiques afin de soutenir davantage le secteur coopératif. Il recommande notamment la mise en place d’un fonds de garantie destiné aux caisses populaires. Une telle initiative faciliterait l’accès au crédit pour une large frange de la population, en particulier les plus vulnérables, et contribuerait à promouvoir une inclusion financière plus large dans le pays.
Dans un contexte où l’accès au financement demeure un défi majeur pour de nombreux Haïtiens, l’expérience de l’UCEC s’impose comme un modèle de réussite. Elle démontre le rôle clé que peuvent jouer les coopératives dans le développement durable des communautés. Aujourd’hui, le pays compte plus d’une centaine de caisses populaires, dont environ 60 sont agréées par la Banque centrale. Là où certaines institutions financières traditionnelles peinent à répondre aux besoins, que ce soit en milieu urbain ou rural, ces coopératives apparaissent comme des acteurs indispensables du développement économique en Haïti.
Oberde Charles
