Dans un contexte où la santé publique haïtienne est constamment mise à mal par l’instabilité, le sous-financement et les crises à répétition, le Réseau Haïtien des Journalistes de la Santé (RHJS) persiste et signe à défendre un journalisme engagé, au service de la vie. Pour la cinquième année consécutive, le Réseau relance le Prix Dr Odilet Lespérance. Cette compétition nationale vise à encourager et valoriser les productions journalistiques traitant des enjeux sanitaires. L’édition de l’année 2025 prévoit neuf distinctions, dont trois grands prix de 100 000 gourdes chacun, répartis selon les formats médiatiques.
Un prix national pour valoriser le journalisme de santé
Créé en hommage au Dr Odilet Lespérance, figure de proue de la vulgarisation scientifique en Haïti et premier secrétaire général du RHJS, ce prix entend promouvoir une presse qui éclaire, informe et sensibilise autour des questions de santé publique.
Dans un pays où les défis sanitaires sont immenses et souvent relégués au second plan de l’actualité, cette initiative vise à replacer la santé au cœur du débat public. Aussi le concours est-il ouvert à tous les journalistes du territoire national, qu’ils œuvrent dans la presse écrite, parlée ou audiovisuelle. Il encourage des productions qui exposent les réalités sanitaires locales, documentent les urgences, et posent un regard critique sur le système de santé haïtien.
Trois catégories, neuf distinctions
Les productions soumises seront évaluées dans trois grandes catégories : presse écrite, presse parlée (radio), presse audiovisuelle (télévision ou web). Dans chacune de ces catégories, un premier prix de 100 000 gourdes sera décerné. En plus de ces trois distinctions majeures, six autres prix secondaires récompenseront des productions ayant démontré une forte pertinence, une rigueur professionnelle et un véritable engagement journalistique.
Modalités de participation
Les candidatures sont ouvertes du 25 juillet au 15 août 2025. Les journalistes souhaitant participer doivent soumettre un reportage original, déjà diffusé dans leur média respectif, en français ou en créole.
Les formats acceptés sont les suivants : écrit : entre 900 et 1 200 mots. Audiovisuel ou radiophonique : durée maximale de 3 minutes.
Les dossiers doivent être envoyés soit par courrier postal à l’adresse : 12, impasse Vieux, Delmas 48 avec la mention « PRIX DR ODILET LESPÉRANCE 2025 » ou par email à : reseaujournalistesante@gmail.com
Pour toute information complémentaire, un numéro WhatsApp est disponible : (+509) 3832-2925.
Les lauréats seront connus entre le 16 août et le 30 septembre 2025.
La date officielle de la cérémonie de remise des prix sera annoncée ultérieurement sur le site du RHJS (www.rhjs.ht) ainsi que dans les médias partenaires.
Des thématiques urgentes, au cœur de l’actualité sanitaire
Cette année, le comité encourage les journalistes à explorer plusieurs thématiques prioritaires, en lien direct avec les réalités actuelles :
- Camps de déplacés en Haïti : des foyers d’épidémies à ciel ouvert
- Fermeture des hôpitaux et cliniques : quels sont leurs impacts sur les soins de santé primaires ?
- Anxiété, dépression et traumatismes post-violence : quelles mesures de prise en charge envisager ?
- Quand les déchets empoisonnent la santé publique : les montagnes d’ordures et les maladies qui en découlent
L’édition précédente avait mis en lumière des travaux remarquables. Espérancia Jean Noël, de Fact-Checking News, avait été sacrée dans la catégorie presse écrite. Marcia Moïse, de Radio Télé Express Continental à Jacmel, avait remporté le prix en presse parlée, tandis que Jacques Babyson, de Radio Télé Hamilton à Port-au-Prince, s’était distingué dans la catégorie audiovisuelle.
À travers le Prix Dr Odilet Lespérance, le RHJS réaffirme son engagement pour une presse responsable, capable de contribuer au changement social et à l’amélioration des conditions de vie en Haïti. Ce concours ne se limite pas à récompenser les meilleurs, il crée aussi un espace de réflexion et de mobilisation autour de la santé publique. Le journalisme de santé n’est pas une option dans un pays où l’urgence sanitaire est permanente. C'est un devoir. Et ce prix en est la preuve.
Jobenson ANDOU
jandou08@gmail.com
